21 novembre 2010

Sambre d'YSLAIRE

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Sambre (5 t. - série terminée) d'YSLAIRE (Scénario et Dessin)
(avec la participation de Balac aux scénarios des deux premiers tomes)
Édition Glénat

- Plus ne m'est rien...
- Je sais que tu viendras
- Révolution, révolution...
- Faut-il que nous mourions ensemble?
- Maudit soit le fruit de ses entrailles

      Nous sommes ici spectateur d’une histoire d’amour impossible, celle de Bernard et de Julie, sur un fond historique pesant, celui de la France du 19ème siècle et de la Révolution française de 1848 (sous le règne de Louis Philippe, 2ème révolution qui met fin à la Monarchie de Juillet). L’atmosphère de cette BD est particulière, presque oppressante : des secrets de familles enfouis, des personnages névrosés, une passion dévorante… Et deux couleurs très présentes, choisies avec soin pour accentuer le tout : le rouge et le noir. Ils représentent le sang ainsi que la noirceur de l’âme des personnages, ils font un clin d’œil à l’œuvre de Stendhal Le rouge et le noir, ils sont représentatifs de la révolution, et ils font monter l’angoisse chez le lecteur (avec des couleurs pareilles, on se dit que cela ne peut que finir mal et c’est bien évidemment le cas).

La Liberté est un personnage central dans la saga Sambre et on ressent combien cette notion est chère à Yslaire. Il l’aborde de différentes manières :

    - en faisant un clin d’œil au célèbre tableau de Delacroix la « Liberté guidant le peuple »,

    - en reposant son intrigue sur une théorie d’une classification des êtres humains en fonction de leurs couleurs des yeux (non sans rappeler une autre célèbre classification, du temps des nazies) et qui empêche donc d’avoir la moindre liberté,

    - en permettant à Julie de représenter sa conception de la liberté.

Le dernier tome de cette saga familiale s’éloigne des précédents car il n’aborde plus le thème de l’amour impossible entre Bernard et Julie (ce qui est un peu déroutant les premières pages). Il aborde plutôt la quête d’identité de leur enfant, Bernard-Marie, qui ne les a pas connus. Il est élevé par sa tante aveugle qui veut se substituer à ses parents et qui ignore ses questions sur ses origines.

 

Mon avis :

Contrairement à la majorité des lecteurs de Sambre, je n’irai pas jusqu’à dire que cette BD, qui entre parfaitement dans le mouvement de Romantisme, est un chef d’œuvre. Néanmoins, il faut bien avouer que les dessins sont magnifiques et le scénario prenant. C’est à voir, à lire et à apprécier !

Dans le top 100 des indispensables BD, Sambre se trouve à la 44ème position.

 

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15 novembre 2010

A l'aide! de Heinz JANISCH et Philippe GOOSSENS

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A l'aide! de Heinz JANISCH (aut.) et de Philippe GOOSSENS (ill.)
Edition Nord-Sud
2005

      A qui ce n'est jamais arrivé d'être au toilette et... Oh malheur! il n'y a plus de papier!!
... Bande de petits menteur, je sais que ça vous est déjà à tous arrivé au moins une fois ; et à Chloé aussi! Alors en attendant que sa maman lui apporte un nouveau rouleau, elle s'imagine comment font les autres quand ils se retrouvent eux aussi en panne de papier toilette! Les autres? Ce sont les dragons, les souris, les kangourous, ou encore les dromadaires... Et si, au bout de sa rêverie, ce n'était pas sa maman qui lui apportait le précieux papier?
Les dessins sont simples mais l'histoire est drôle et pleine de tendresse...
Album à laisser dans un coin des toilettes... Au cas où! :D

Mon avis :

 

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...

"Ils s'étreignirent, et toute leur rancune se fondit comme une neige sous la chaleur de ce baiser."

Extrait de Madame Bovary
Gustave Flaubert



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Le baiser de l'Hôtel de Ville, Paris, 1950.
Robert DOISNEAU, photogr.

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14 novembre 2010

Purge de Sofi OKSANEN

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Purge de Sofi OKSANEN
Edition Stock - Coll. La Cosmopolite
2010 - 399p.

      (4ème de couverture)
En 1992, l'Union soviétique s'effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond de la campagne.
Ainsi, quand elle trouve la jeune Zara dans son jardin, qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Mais finalement ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille se révèlera, en lien avec le temps de l'occupation soviétique. Aliide a en effet aimé un homme, Hans, un résistant. Quarante ans plus tard, c'est au tour de Zara de chercher protection, et la vieille dame va décider de la lui accorder jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

Ce livre a produit sur moi deux effets.
Les cent premières pages ont été difficiles. Je les ai lues lentement et elles ont été entrecoupées de grandes pauses. J'ai trouvé tout de suite le texte très -trop?- dense. De plus, le fait que l'auteur passe du coq à l'âne, qu'elle passe d'un sujet à un autre pour retourner ensuite au sujet initial sans aucune transition m'a un peu déstabilisé et m'a demandé beaucoup de concentration. J'ai donc eu du mal à accrocher.
Puis je suis arrivée à la seconde partie (il y en a cinq en tout), et ça a été une révélation. Oui, je comprends pourquoi ce livre a eu ce succès, pourquoi il a raflé de nombreux prix. Oui, c'est tout à fait mérité. Lorsque j'ai commencé à découvrir la jeunesse de la vieille Aliide et à comprendre ce qui a fait qu'elle est ce qu'elle est en 1992, j'ai tout bonnement été happée, et je n'ai plus lâché ce roman.
C'est une véritable prose poétique avec ses jolies phrases en farandoles. Il y a une puissance descriptive impressionnante et des personnifications troublantes (la peur et l'attente notamment).
La description de la maison familiale m'a particulièrement coupé le souffle : on a l'impression que celle-ci était immense pendant les jeunes années d'Aliide, puis qu'elle a rétrécit pour devenir petite et étroite dans les années 1990'.
Cette histoire de famille a un côté très tragique car les personnages sont voués à être séparer des personnes qu'ils aiment (par la distance, par leurs idéaux, par leurs sentiments parfois non partagés).
Si le personnage de Zara parait parfois un peu effacé, le personnage d'Aliide, quant à lui, est puissant et complexe : il va s'accrocher désespérément à son amour, il va tout donner pour cette passion qui dévore son existence, quitte à accomplir des gestes mauvais, quitte à trahir son propre sang. On a envie de détester  Aliide pour la fascination néfaste qu'elle éprouve pour Hans ainsi que pour sa façon de l'idéaliser autant, et pourtant on lui pardonne quand même. Car on vit sa souffrance avec elle.

Purge donne un nouvel éclairage sur la Guerre Froide et fait sortir de l'ombre un pays relativement méconnu, l'Estonie.
Préparez-vous à avoir les papilles en alerte et un petit goût de confiture au bord des lèvres...


Ses Prix :

2008 Prix Finlandia

2009 Prix Runeberg

2010 Prix du roman Fnac ; Prix Femina étranger ; Grand Prix de littérature du Conseil nordique


Les Rumeurs :

2012 -> Le Film?


Que pensez-vous de ce roman?

Quelle note lui donneriez-vous? 3,5/5 (1)

Posté par Eloo aime lire à 17:37 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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