Blog

Blog de Jean-Philippe BLONDEL
Édition Actes Sud Junior - Collection Ado
2010
114 p.

      Un adolescent découvre que son père va régulièrement visiter son blog. Très en colère, il décide de ne plus le mettre à jour et de ne plus adresser la parole à son père.  Ce dernier, rongé par la culpabilité, décide de faire un cadeau d’une valeur inestimable à son fils : il lui laisse la possibilité de fouiller dans un carton rempli de ses propres souvenirs de jeunesse (photos, journaux intimes, etc.) et de découvrir son secret. Au-delà du thème de la filiation, ce roman aborde le premier amour et la puissance des sentiments, l’amitié et le pardon, ainsi que le passage de l’enfance à l’âge adulte.

 

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé Blog, c'est un petit roman vraiment touchant. J'ai parfois trouvé que le narrateur dramatisait un peu la situation (notamment quand il qualifie l’acte de son père de « viol virtuel ») avant de me rappeler que tout prend de grandes proportions au moment de l'adolescence. Le secret de son père m'a émut, même si je pense qu'à sa place, je ne l'aurai pas caché à mes enfants. Ca n’en reste pas moins un coup de cœur !

Jean-Philippe Blondel est très doué pour manier les mots et en faire de jolies farandoles. Sa plume me plait beaucoup.

Un grand bravo à la collection Ado de l’éditeur Actes Sud Junior pour ses couvertures magnifiques !

 

Quelques citations :

"Le blog, c'était mon espace privé. Mon domaine. Et il a tout salopé. Je trouve ça dégueulasse. Ma révolte, je la revendique. Parce qu'il ne s'est pas retrouvé sur mon blog par hasard. Et qu'il ne s'y est pas rendu qu'une fois. Il l'a suivi, pisté, décortiqué. Quand je suis en face de lui, maintenant, j'ai l'impression de me promener nu en pleine ville." p.10.

"Je voulais prendre le temps de décider. De ne pas agir à la légère. De me comporter en adulte puisque les adultes avaient des comportements d'enfants." p.36.

"Il faudrait un vocabulaire novateur. Du moderne. J'ai eu ma dose d'ancien, hier soir. Aujourd'hui, je pense à moi et à moi seul. J'ai une vie à réussir, moi - je n'ai pas de vieillesse à gâcher." p.46.

"Je sens la vie qui coule dans mes veines - la vie et toutes ses passions. Toutes ses couleurs vives. Je ne veux jamais être une photo aux teintes délavées. Je ne veux pas finir au fond d'un carton, dans un grenier. Je ne veux pas avorter mes rêves." p.66.

"Je commence à ressentir l'étroitesse - du pavillon, de la vie de mes parents. Je trouve qu'il n'y a pas assez de superficie, ici, pour laisser s'épanouir les rêves." p.71.

"Les yeux de Marc à nouveau. Sur moi - insistants. Ils me fusillent et me protègent en même temps. Ils me radiographient. Ils sondent mes forces, mes faiblesses, mes fêlures et mes certitudes. Je comprends avant même qu'il ne prononce les mots." p.82.