27 octobre 2011

Les Vaches de Staline de Sofi OKSANEN

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Les Vaches de Staline de Sofi OKSANEN

Edition Stock - Coll. La Cosmopolite. 2011. 512 p.

 

4ème de couverture : 

      "Les « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent là-bas, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C’est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l’héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d’être acceptée de l'autre côté du "Mur", elle a tenté d’effacer toute trace de ses origines et de taire les traumatismes de l’ère soviétique.

Sofi Oksanen décrit avec une grande puissance d’évocation les obsessions de ces deux femmes : Anna ne pense qu'à contrôler l'image de son corps, tandis que sa mère raconte sa rencontre avec « le Finlandais », à Tallinn, dans les années 1970, avec une sorte de distance glaçante, comme si sous ce régime de surveillance, la peur s'infiltrait jusque dans les rapports de séduction. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille ?"

 

Mon avis : ♥ ♥ 

Je retrouve avec plaisir la plume de Sofi Oksanen avec Les Vaches de Staline, le prédécesseur de Purge (mais traduit en langue française après son successeur qui avait par ailleurs raflé de nombreux prix et que j'avais beaucoup aimé).

Cet auteur a un style bien à elle, et je crois qu'il n'y a pas de milieu : soit on aime, soit on aime pas. Pour Sofi Oksanen, les mots sont avant tout un outil qui lui permet de dire exactement ce qu'elle a à dire. Et tant pis s'il n'y a pas toujours de ponctuations, et tant pis si les phrases sont trop courtes ou trop longues. Qu'importe tant qu'elles traduisent parfaitement ses pensées. Toutes ces phrases touffues, je les vois comme un désordre ordonné : Sofi Oksanen sait très bien ce qu'elle veut dire et où elle va, et c'est à toi lecteur de suivre comme tu peux! Ce qui m'amène à une chose très simple : les romans de cet auteur ne sont pas une lecture facile mais sont néanmoins bien ancrés dans la littérature contemporaine. Le moment propice pour se plonger dedans ? Il doit être calme, silencieux et permettre une grande concentration.

Passons à l'histoire même. Une fin de Seconde Guerre Mondiale difficile, une Guerre Froide empoisonnante et une reconstruction "à l'occidentale" longue et laborieuse. Nous sommes en Estonie et en Finlande, et nous vivons ces périodes historiques en compagnie de trois générations de femmes : Sofia la grand-mère, Katariina la mère et Anna la fille. Comme dans Purge, l'auteur semble vouloir coller au mieux à la réalité historique ; Sofi Oksanen possède visiblement beaucoup de connaissances sur la vie des estoniens et des finlandais en ces périodes troublées, et elle nous en apprends beaucoup.

Les thèmes récurrents de ce roman sont les suivants : la peur, la méfiance et surtout l'obsession (de cacher son origine estonienne pour la mère et de manger pour la fille). Le message de Sofi Oksanen est très clair : les évènements historiques que l'on subit et les personnes qui nous entourent influent directement sur notre comportement, présent et futur. Les Vaches de Staline est un roman dur, parfois cru, mais on sort de cette lecture avec l'impression que l'on n'a pas perdu son temps.

Je conseille aux personnes qui se lancent dans ce roman de s'accrocher : le style de Sofi Oksanen n'est pas facile et demande beaucoup de concentration (ce qui lui a valu deux petits coeurs mais le troisième n'était pas loin), mais il vaut le détour.

 

Je tiens à remercier PriceMinister pour ce partenariat (le premier en ce qui me concerne!) et pour m'avoir permis de faire cette jolie découverte!

 

Une Citation : "Le socialisme ne réussirait jamais ailleurs que sur le papier pour la simple raison que les doigts de tout le monde ne se tendent que vers soi, vers l'intérieur, même quand la main s'avance pour donner." (p. 288)


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© Eloo 10/2011

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25 octobre 2011

La Disparition d’Anastasia Cayne de Gregory GALLOWAY

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La Disparition d’Anastasia Cayne de Gregory GALLOWAY

Edition Albin Michel - Coll. Wiz Suspense. 2008. 361 p.

 

4ème de couverture :

      "Anna Cayne préfère qu’on l’appelle Anastasia, aime Houdini le prestidigitateur, élabore des codes secrets et des énigmes, s’habille tout en noir et passé son temps à écrire de fausses nécrologies sur les habitants de la ville. Quand je suis tombée amoureux d’elle et qu’elle a mystérieusement disparu, j’ai commencé à recevoir des messages codés que seule Anastasia aurait pu m’envoyer…"

 

Mon avis : ♥

Ce résumé annonçait vraiment du bon : une fille bizarre et un garçon amoureux, une disparition, une enquête policière, du suspense, et peut-être même du surnaturel. Pour une fois, un livre n’a pas attendu longtemps sur mon étagère avant que je daigne l’ouvrir… Malheur à moi, il m’a fallu plus d’un mois pour en venir à bout ! Vous imaginez le nombre de livres que j’aurais pu lire à sa place dans un même temps donné ?

Pourtant ça commençait bien : les phrases sont bien tournées, les descriptions intéressantes et l’auteur a globalement un style agréable. Alors quoi me direz-vous ? Hé bien il rame dans la choucroute le p’tit ! C’est lent, on a l’impression de ne pas avancer. On s’attend a dû suspense et de l’action, et pendant plus de la moitié du roman, l’auteur nous parle de la rencontre puis de la relation amoureuse entre le narrateur et Anna. On a presque envie de l’interpeller pour lui dire : « Hé c’est quand qu’elle disparait ? ». Dans cette première partie, le point intéressant est les fausses nécrologies écrites par Anna ; c’est une idée très originale qui m’a plu… Mais son utilisation s’avère assez rapidement superficiel et c’est vraiment dommage… comme si Gregory Galloway a eu cette idée géniale mais n’a jamais su quoi faire avec.

Enfin, Anna disparait ! C’est presque un soulagement jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il ne se passe pas vraiment plus de choses. Sa disparition est très théâtrale –digne d’Anna- mais ensuite l’enquête policière n’avance guère. Ca énerve le narrateur (on n’apprend jamais son nom… je crois) –nous aussi- alors il décide de tenter le tout pour le tout en se rendant à une émission de télé mettant en scène un médium qui aide le public. Il n’y croit pas trop, mais pourquoi pas. Là aussi l’idée est intéressante, et on a presque du suspense… pendant cinq minutes. Et puis finalement, on lit la dernière page du roman, on se dit que l’on va être récompensé de nos efforts… mais rien. On n’apprend rien. Si, que cette expérience a permit au narrateur de grandir, mais personnellement ça ne m’a pas suffit. A la base, c’est censé être un roman policier, non ?

Une grosse déception. Une belle écriture, des idées originales mais un roman qui ne tient pas ses promesses.

 

© Eloo 10/2011

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18 octobre 2011

The Luxe : Tricheuses (t.3) d'Anna GODBERSEN

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The Luxe : Tricheuses (t.3) d'Anna GODBERSEN

Édition Albin Michel. 2010. 432 p.

4ème de couverture :

      "Elles ont tout ce qu'elles désirent... mais rien de ce qu'elles veulent. Une bien curieuse union est célébrée dans la haute société. Henry Schoonmaker vient d'épouser une jeune femme qu'il n'a jamais aimée : Penelope Hayes. Si son ancienne rivale triomphe, Diana, toujours amoureuse d'Henry, n'a pas dit son dernier mot. Quant à Elizabeth, elle refuse obstinément de paraître en public. Pressentant un nouveau scandale, tout New-York retient son souffle."

A lire : ma chronique du tome 1 Rebelles et du tome 2 Rumeurs.

 

Mon avis : ♥ ♥ ♥

"Elles ont tout ce qu'elles désirent... mais rien de ce qu'elles veulent". Cette phrase peut paraître contradictoire et pourtant, c'est tout à fait ça. Elle annonce parfaitement le sentiment que l'on ressentira à la lecture de ce troisième tome. Tricheuses est un roman tout aussi passionnant et addictif que ses deux prédécesseurs : la plume d'Anna Godbersen ne s'est pas essouflée, elle a encore beaucoup à nous offrir!

Je n'entrerai pas trop dans les détails puisqu'il s'agit d'un troisième tome, je dirai simplement :

  • L'image que j'avais de Grayson Hayes durant les deux premiers tomes a quelque peu changé. Il me semblait q'il était un garçon intelligent, de la même trempe que sa soeur Penelope, mais en plus subtil et réfléchi. Dans Tricheuses, il est décrit comme un garçon dont les yeux très rapprochés lui donnent un air stupide - ce dont il est apparemment. Comme quoi, les mots ont ce pouvoir de retourner la tête et de nous jeter sur de fausses pistes afin mieux nous surprendre.
  • Passons à sa soeur : D'impostures en coups bas... Quand on joue avec le feu, on finit par se brûler... Attention Penelope, tout va t'échapper et ce ne sera que justice... J'en suis contente, sinon l'histoire aurait perdu en crédibilité.
  • Un dernier petit mot concernant Teddy Cutting : personnage très secondaire jusqu'à présent, il se dévoile enfin... pour plus grand plaisir! Il est sincère et sa timidité est touchante. C'est le seul homme de cette saga qui possède tout mon estime. Je pressens qu'il aura clairement sa carte à jouer dans le dernier tome...

Pour les autres personnages (Elizabeth, Diana et Carolina, entre autres), je vous laisse découvrir par vous-même ce qu'ils vont advenir. Je vous promets des surprises, du suspense et des p'tits coeurs fondants d'amouur :)

 

© Eloo 10/2011

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