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Ephémère : Le Dernier jardin (t. 1) de Lauren DESTEFANO

Edition Castelmore. 349 p. 2011.

 

4ème de couverture : 

      "Que faire de sa vie quand on connaît la date exacte de sa mort? L'humanité croyait son avenir assuré. La science avait créé des enfants parfaits, immunisés contre toutes les maladies. Mais qui pouvait imaginer le prix à payer? Car désormais, personne ne survit au-delà de vingt-cinq ans. Le monde a changé. Pour les jeunes femmes, la liberté n'est plus qu'un souvenir. Au nom de la survie de l'espèce, elles sont kidnappées et contraintes à des mariages polygames. Rhine a seize ans. Quand elle se réveille dans une prison dorée, elle n'a qu'une idée en tête : fuir. Qu'importe l'amour que lui portent son mari et ses soeurs épouses. Quand on a que quelques années à vivre, la liberté n'a pas de prix."

 

Mon avis : etoile_jaune

 

"La clarté est effrayante. C'est à la fois la lumière de la venue au monde, et le tunnel aveuglant qui précède la mort. Horrifiées, nous nous réfugions sous les couvertures, ne voulant ni de ce commencement ni de cette fin." p. 13.

 

La couverture vend à elle toute seule le roman : elle est tellement belle qu'on achèterait Ephémère sans même lire son résumé. Une fois le livre entre les mains, on est un peu fébrile, espérant de tout coeur que le contenu sera à la hauteur de son emballage.

La dystopie, on ne jure que par ça en littérature jeunesse en ce moment, et je me méfie toujours de ce type de phénomène. Un ou deux romans du genre qui font un carton, puis de pâles et insipides copies font inévitablement et malheureusement suite. Mais là, j'avoue, nous avons du lourd.

Ce roman a un rythme lent, semblable au nombre de jours infinis qui défilent durant la captivité de Rhine. Il ne se passe pas toujours grand chose, puisque lorsque l'on est prisonnier d'un univers aussi étriqué, on y trouve forcément rapidement ses limites. Ca ne m'a pas dérangé. Après tout, Rhine ne pouvait pas trouver une façon de s'évader en un jour et c'était agréable de chercher avec elle.

La notion de liberté est omniprésente et racontée de manière simple ; on nous rappelle son importance à travers le grand voyage de Christophe Colomb vers ce qu'il croyait être les Indes, ou en nous indiquant que le prénom "Rhine" provient du fleuve le Rhin, cours d'eau qui s'achemine vers l'immensité de l'océan. Ça m'a d'ailleurs plu qu'il y ait un clin d'oeil au fleuve de ma belle région!

Lauren DeStefano nous livre ici son premier roman, mais elle a déjà tout d'une grande. Elle manie les mots avec doigté, elle mesure ce qu'elle nous livre, et peu de lignes peuvent produire un grand effet. J'ai aimé que Rhine se perde un peu dans ses sentiments, qu'elle ne sache parfois plus très bien où est le vrai et le faux. Malgré ses certitudes, sa conviction et sa résistance, elle se fait un peu avoir par la grande illusion qu'est sa nouvelle vie. C'est finalement une héroïne très humaine qui ne cache pas ses faiblesses (la séparation d'avec son frère qui lui enlève tout repère, sa pitié pour Linden qu'elle trouve gentil et naïf malgré le mal qu'il lui a indirectement fait, etc.). Quant au personnage de Maître Vaughn que l'on côtoie peu, ses brèves apparitions et les resentis de son entourage suffisent à le rendre très effrayant.

Lauren DeStefano a placé la barre très haute, j'attends la suite de cette trilogie avec impatience!

 

Parce que l'auteur dépeint des moeurs particulières, je conseille ce roman à partir de 14/15 ans.

 

© Eloo 01/2012