la délicatesse

♠ La Délicatesse de David FOENKINOS
Editions Gallimard - Coll. Folio. 2011. 209 p.

 

4ème de couverture :

      "François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu'un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse... -Je vais prendre un jus... Un jus d'abricot, répondit Nathalie. Il l'a regarda comme si elle était une effraction de la réalité."

 

Mon Avis : ♥ ♥ ♥

La Délicatesse est un roman sans prétention. L'auteur David Foenkinos nous livre une histoire loin d'être hors du commun, une histoire qui pourrait très bien arriver à notre voisin de palier... Et c'est pour ça que j'ai adoré. Pour moi, la simplicité et le réalisme de la mise en situation et des personnages donnent à ce roman son truc en plus.

Dès le départ, j'ai aimé le personnage de Nathalie : pour sa première description "Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu'elle préférait les histoires tristes" (p. 11) et parce qu'elle aime découvrir d'excellents auteurs méconnus, ce "qui peut faire réfléchir à l'injustice de la postérité." (p. 31). Nathalie est le personnage avec qui tout commence ; néanmoins, l'auteur nous permet aussi de discerner les facettes des autres personnages à travers leurs états d'âme qui nous sont livrés à l'état brut, tandis qu'ils défilent dans la tête de chacun. Si bien qu'il n'y a pas à proprement parler un personnage principal mais des personnages, tous liés soit par les sentiments, par la filiation, par le travail ou par le coup du sort. J'ai trouvé cet état de fait agréable.

Bien sûr, on ne peut occulter le fait que ce roman est un messager d'espoir. Après le décès de l'homme de sa vie, Nathalie ne se croit plus capable de vivre une nouvelle relation avec un autre homme. Elle se contente de survivre, et dans un premier temps c'est bien suffisant. Mais "le temps guérit toutes les blessures" (encore un adage ridicule  dirait presque D. Foenkinos dans son roman), et Nathalie ne dérogera pas à cette règle.

Concernant le style, je dois dire que David Foenkinos écrit de façon agréable, voire même parfois poétique. Il combat la monotonie à chaque instant : on trouve au détour des pages quelques figures de style (la phrase "Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons" (p. 11) m'a plu parmi quelques autres), parfois la narration se mue en script, et les notes de bas de pages bien qu'inutiles (c'est fait exprès!) donnent son charme au roman. L'insertion de chapitres "pauses" (= qui ne font pas avancer l'histoire, mais donnent des précisions sur un sujet abordé peu avant) sont comme des friandises : on ne peut s'empêcher d'en vouloir davantage! Petite parenthèse, j'ai particulièrement aimé le chapitre 92 "Quelques précisions techniques concernant les allergies au poisson" (p. 168), très instructif puisque mon Chéri a lui-même développé cette allergie (^^)...

Pour conclure, je vous conseillerai simplement de lire La Délicatesse avec la chanson L'Amour en fuite (Alain Souchon) en bruit de fond (sur deezer).

 

 

© Eloo 06/2012