28 juin 2012

La Page blanche de BOULET & Pénélope BAGIEU

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♠ La Page blanche de BOULET (scénario) & Pénélope BAGIEU (dessin)
Edition Delcourt - Coll. Mirages. 2012. 200 p.

 

4ème de couverture :

     "Je pleurais... Je venais chercher quelque chose?... Rencontrer quelqu'un?... Pourquoi hier? Je suis QUI, moi?"

Une jeune femme se réveille dans Paris. Elle ne se souvient ni de son nom, ni de ce qui l'a amenée là. Son passé a disparu. Avec humour et sensibilité, Pénélope Bagieu et Boulet raconte sa quête d'identité."

 

Mon Avis : ♥ ♥

Le syndrome de la page blanche désigne, chez un écrivain, la difficulté parfois rencontrée pour trouver l'inspiration et la créativité au moment d'entamer ou de continuer une oeuvre (source : Wikipédia). A priori, ce phénomène ne s'est pas appliqué à Boulet qui a écrit le scénario de cette BD one-shot avec beaucoup d'inspiration.

Quant au personnage principal - Eloïse -, elle n'est pas écrivain, mais le livre de sa vie commence effectivement par une page blanche. Cette jeune femme sort un jour d'une espèce de léthargie, assise sur un banc, et ne se rappelle plus de rien, ni de son histoire passée, ni même de son nom! Commence alors une drôle de enquête pour se rappeler qui elle est... J'ai trouvé Eloïse très touchante, et parfois drôle quand elle imagine plusieurs scénarios sur ce qu'il y a bien pu se passer ou sur ce qui est sur le point de lui arriver.

Pénélope Bagieu est pour beaucoup la cause de mon attachement à ce personnage ; son trait de crayon que je connaissais déjà grâce à son Blog est simple et efficace. J'aime beaucoup ce style sans fioriture que l'on retrouve chez plusieurs autres illustrateurs de BD girly actuels qui ont conquis la blogosphère.

Je dois avouer que si j'ai été conquise par cette BD dès le départ, j'ai été un peu surprise par sa fin. Je ne dirais pas que je suis déçue, mais disons que je m'attendais à quelque chose de plus abouti. J'ai d'abord pensé que finalement ça ne cassait pas trois pattes à un canard, mais après réflexion, je me dis que cette conclusion n'est pas non plus si mauvaise que ça. On adhère ou pas, mais malgré tout, il est clair pour moi que Boulet n'a pas versé vers la facilité.

En conclusion, c'est une lecture sympathique qui n'est pas inoubliable mais avec laquelle on passe un bon moment.

   

© Eloo 06/2012 

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22 juin 2012

Le Rêve du papillon : Lapins sur la lune (t.1) de Richard MARAZANO & Luo YIN

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♠ Le Rêve du papillon : Lapins sur la lune (t.1) de Richard MARAZANO (aut.) & Luo YIN (ill.)
Edition Dargaud. 2010. Non paginé.

 

4ème de couverture :

      "Tutu s'est réveillée dans un monde inconnu et absurde où l'hiver est éternel. Un monde gouverné par un dictateur, où des lapins bizarres la suivent partout, et dont les habitants ne l'aiment pas beaucoup... La petite fille ne souhaite très vite qu'une seule chose : rentrer chez elle. Une fable magique et intemporelle en quatre albums, dans un monde de poésie, d'humour et de fantaisie."

Mon Avis : ♥ ♥

Y a une morale là-dessous. Mais laquelle? Je pense qu'il me faudra plus que la lecture du premier tome (la saga doit se découper en 4 tomes) pour lui trouver un intitulé...

J'ai choisi de lire cette BD car la couverture et l'illustration m'ont tapé dans l'oeil. Le trait, clairement manga, est superbe ; et les jeux de couleurs sont tout à fait appropriés à chaque nouvelle situation (alternance de couleurs vives & de couleurs ternes, voire parfois grises). L'illustration donne tout de suite le ton de l'atmosphère voulu par le scénario, tantôt très lumineuse, mystérieuse ou encore obscure.

Si j'ai été d'emblée conquise par le dessin, j'attend de lire les prochains tomes pour me faire une opinion définitive sur l'histoire. Dans ce premier opus, on découvre un monde qui m'a parfois un peu dérouté et j'espère pouvoir me familiariser davantage avec ce nouvel environnement dès le second tome. On est comme l'héroïne Tutu, on ne comprend pas grand chose au fonctionnement de cette société pour le moins bizarre. On n'a donc pas d'autre choix que de se laisse bercer jusqu'à la dernière page. Du coup, je me suis sentie un peu frustrée car je n'ai pas pu m'impliquer plus que ça. Je me suis sentie étrangère à ce qui se passait, comme si je regardais ça de très loin. En fait, j'ai l'impression qu'il manquait un petit quelque chose, mais je suis incapable de le nommer...

En conclusion : pas de conclusion hative! Lapins sur la lune me laisse songeuse et j'attends de lire la suite pour voir où tout ça va me mener! 

 

lapins sur la lune

Il paraît que cette BD a plus d'un point commun avec le film d'animation Le Voyage de Chihiro. (source : Bédéthèque) 

Ces similitudes n'ont pu que m'échapper puisque je n'ai pas vu ce film (c'est d'ailleurs regrettable, il faut que j'y remédie!). 

 

© Eloo 06/2012   

 

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20 juin 2012

La Délicatesse de David FOENKINOS

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♠ La Délicatesse de David FOENKINOS
Editions Gallimard - Coll. Folio. 2011. 209 p.

 

4ème de couverture :

      "François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu'un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d'abricot, c'est parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse... -Je vais prendre un jus... Un jus d'abricot, répondit Nathalie. Il l'a regarda comme si elle était une effraction de la réalité."

 

Mon Avis : ♥ ♥ ♥

La Délicatesse est un roman sans prétention. L'auteur David Foenkinos nous livre une histoire loin d'être hors du commun, une histoire qui pourrait très bien arriver à notre voisin de palier... Et c'est pour ça que j'ai adoré. Pour moi, la simplicité et le réalisme de la mise en situation et des personnages donnent à ce roman son truc en plus.

Dès le départ, j'ai aimé le personnage de Nathalie : pour sa première description "Elle aimait rire, elle aimait lire. Deux occupations rarement simultanées puisqu'elle préférait les histoires tristes" (p. 11) et parce qu'elle aime découvrir d'excellents auteurs méconnus, ce "qui peut faire réfléchir à l'injustice de la postérité." (p. 31). Nathalie est le personnage avec qui tout commence ; néanmoins, l'auteur nous permet aussi de discerner les facettes des autres personnages à travers leurs états d'âme qui nous sont livrés à l'état brut, tandis qu'ils défilent dans la tête de chacun. Si bien qu'il n'y a pas à proprement parler un personnage principal mais des personnages, tous liés soit par les sentiments, par la filiation, par le travail ou par le coup du sort. J'ai trouvé cet état de fait agréable.

Bien sûr, on ne peut occulter le fait que ce roman est un messager d'espoir. Après le décès de l'homme de sa vie, Nathalie ne se croit plus capable de vivre une nouvelle relation avec un autre homme. Elle se contente de survivre, et dans un premier temps c'est bien suffisant. Mais "le temps guérit toutes les blessures" (encore un adage ridicule  dirait presque D. Foenkinos dans son roman), et Nathalie ne dérogera pas à cette règle.

Concernant le style, je dois dire que David Foenkinos écrit de façon agréable, voire même parfois poétique. Il combat la monotonie à chaque instant : on trouve au détour des pages quelques figures de style (la phrase "Elle avait traversé l'adolescence sans heurt, respectant les passages piétons" (p. 11) m'a plu parmi quelques autres), parfois la narration se mue en script, et les notes de bas de pages bien qu'inutiles (c'est fait exprès!) donnent son charme au roman. L'insertion de chapitres "pauses" (= qui ne font pas avancer l'histoire, mais donnent des précisions sur un sujet abordé peu avant) sont comme des friandises : on ne peut s'empêcher d'en vouloir davantage! Petite parenthèse, j'ai particulièrement aimé le chapitre 92 "Quelques précisions techniques concernant les allergies au poisson" (p. 168), très instructif puisque mon Chéri a lui-même développé cette allergie (^^)...

Pour conclure, je vous conseillerai simplement de lire La Délicatesse avec la chanson L'Amour en fuite (Alain Souchon) en bruit de fond (sur deezer).

 

 

© Eloo 06/2012   

 

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15 juin 2012

La Bibli des deux ânes de Monica BROWN & John PARRA

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♠ La Bibli des deux ânes de Monica BROWN (aut.) & John PARRA (ill.)
Edition Rue du monde. 2011. Non paginé.

 

4ème de couverture :

      "Un conte émouvant en hommage à Luis Soriano Bohorquez, bibliothécaire bénévole qui, depuis plus de vingt ans, arpente les montagnes de Colombie pour partager ses livres avec les enfants !"

 

Mon Avis : ♥ ♥ ♥

Ce qui fait avant tout la force de cet album, c’est l’histoire exceptionnelle et vraie qu’elle raconte. L’histoire d’un homme qui, depuis 1990, va d’un village colombien isolé à un autre chaque samedi, accompagné de ses deux ânes – Alfa et Beto- chargés de livres. Ici, nous avons les Bibliobus, et bien en Colombie ils ont cette incroyable « Biblioburro » (« burro » signifiant « âne » en espagnol). A chacun de ses arrêt, Luis Soriano Bohorquez raconte des histoires aux enfants, leur apprends à lire et leur permet de garder certains livres jusqu’à son prochain passage. Il contribue ainsi à l’alphabétisation des petits colombiens qui n’ont pas souvent la chance d’être scolarisés.

Cet album met en avant une belle aventure humaine, une belle leçon de vie qui rappelle qu'avec peu, on peut donner beaucoup.

Sachez que grâce aux dons de livres, cette « Biblioburro » compte plus de 5000 titres à l’heure d’aujourd’hui. Et nous pouvons nous aussi contribuer à cette action à notre niveau, puisque la maison d’édition Rue du monde s’engage à participer à l’équipement de cette bibliothèque mobile pour chaque album vendu.

 

"Une belle histoire qui m'a ému aux larmes... Mon seul espoir est de transmettre de belles valeurs humaines et de l'imagination aux enfants pour qu'ils puissent rêver et créer un monde meilleur..." Luis Soriano Bohorquez, bibliothécaire du Biblioburro en Colombie.

 

© Eloo 06/2012  

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13 juin 2012

Au Bonheur des Dames d'Emile ZOLA

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♠ Au Bonheur des Dames d'Emile Zola
Editions Le Livre de poche - Coll. Classiques. 1998. 542 p.
Première édition : 1883

 

4ème de couverture :

      "Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie."

 

Mon Avis : [Classique]

Bien qu'Au Bonheur des Dames (1883) soit le 11ème tome du cycle Les Rougon-Macquart, il se lit parfaitement de manière indépendante. Le personnage principal de ce roman est un grand magasin parisien de tissus dirigé par Octave Mouret, le Bonheur des Dames. Emile Zola l'a créé de toutes pièces, s'inspirant de grands magasins de son époque tels que Le Bon Marché ou Les Grands Magasins du Louvre.

Au Bonheur des Dames permet à l'auteur d'analyser la société dans laquelle il évolue. A travers son texte, on suit avec impuissance le petit commerce de proximité se faire progressivement "dévoré" (Zola utilise souvent ce genre de métaphore) par le grand magasin (=la grande distribution). Par la même, on découvre l'apparition des premiers gestes commerciaux, des produits aux rabais et des diverses ruses pour inciter les clients à acheter davantage. Ce qu'il se passe dans nos magasins aujourd'hui n'est décidément rien de nouveau, Emile Zola aborde un sujet plus que jamais d'actualité.

L'auteur possède également un regard implacable sur l'être humain. Il met les pires vices des femmes en avant (la fièvre acheteuse est personnifiée par Mme. Marty, la jalousie maladive par Mme. Desforges, etc.), et montre parfois l'homme comme un être relativement primaire (Mouret est prêt à donner des milliers de francs à une jeune femme qui n'attend de lui qu'une preuve d'amour). Quand l'auteur décrit les riches clientes du magasin, il donne l'impression d'avoir bien peu d'estime pour les femmes qu'il montre faibles, sans résistance ni volonté. Mais le personnage de Denise nous détrompe immédiatement. Sous sa plume, Emile Zola en a fait une héroïne forte sous ses airs fragiles. Il en a fait une femme d'exception.

Quant à son personnage d'Octave Mouret, il est complexe et très travaillé. Emile Zola le rend fou d'amour pour sa jeune vendeuse Denise ; celui qui est prêt à mettre sur la paille tous ses concurrents sans aucun état d'âme aurait-il donc tout de même un coeur? Octave Mouret est un homme qui apparaît avant tout insatiable : il en veut toujours plus (plus de produits, plus d'espaces, plus de recettes, plus de femmes à ses genous, etc.) et en général, il obtient ce qu'il désire. Il ne peut donc supporter qu'une jeune femme puisse lui résister. Et comme Denise est la seule à ne pas se laisser cueillir comme une fleur, il tombe amoureux d'elle. Car celle-ci prouve par sa résistance qu'elle est son égale.

Comme il est souvent de mise dans la littérature du XIXème siècle, Au Bonheur des Dames regorge de descriptions. Chaque scène et chaque nouvelle situation est l'occasion pour Emile Zola de nous décrire l'environnement présent. Dans certains livres, cela peut parfois devenir lassant et rébarbatif, mais ici ce n'est pas le cas. L'auteur a un très beau style et il est très agréable de le lire. Avec plaisir, on le laisse nous faire visiter chaque lieu de son histoire.

En conclusion, je dirais que ce roman est une très belle découverte. Il m'a permis de rencontrer Emile Zola dans d'excellentes conditions. Je ne peux que vous le conseiller!

 

© Eloo 06/2012  

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06 juin 2012

Confessions d'une GLITTER Addict de DIGLEE

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Confessions d'une GLITTER Addict de DIGLEE

Edition Marabout - Coll. MARAbulles

2012. Non paginé.

4ème de couverture :

      "Maureen Wingrove, alias Diglee, est illustratrice freelance depuis un an et demi, et travaille pour la presse, l'édition et la bande dessinée. Retrouvez-là sur : http://diglee.com."

 

Mon Avis : ♥ ♥ ♥

Ce n'est pas nouveau : j'aime beaucoup le travail de Diglee. Au point d'être d'ailleurs toujours à l'affût d'un nouvel article sur son blog, quitte à y faire un tour deux fois par jour (ne vous inquiétez pas, je vais  parfaitement bien). Donc comprenez-bien, acheter sa nouvelle BD Confessions d'une GLITTER Addict était bien plus qu'un simple achat compulsif, c'était une nécéssité.

Mais alors d'où vient cet engouement me demanderez-vous? (Autobiographie d'une fille GAGA s'est très bien vendue) Et bien, je crois que ça fait du bien de lire les petites histoires & anecdotes de Diglee car elles pourraient arriver à n'importe qui. Je crois que dans la littérature, on a aussi besoin d'un peu de normalité, où l'identification est automatique. C'est agréable de lire des histoires réelles, des histoires qui mettent en scène des personnes que l'on pourrait croiser dans la rue, qui pourraient être nos amis. Ça a quelque chose de rassurant. Et puis l'inévitable moment où l'on s'écrie "oh il m'est arrivé exactement la même chose!" fait vraiment du bien.

Celle qui nous offre ce bouquet de normalité est cependant loin d'être banale. Diglee a un goût vestimentaire propre et des chaussures fétiches qui mettent des paillettes plein les yeux. Mais ce qui rend, entre autres, sa personne si intéressante, c'est sa facilité à prendre le recul nécessaire afin de pouvoir nous raconter des histoires relativement personnelles. Elles sont souvent drôles, parfois gênantes ou ridicules, mais Diglee ne perd jamais son  humour ni son sang froid (sauf peut-être devant Titanic, mais ça c'est autre chose).

Pour conclure, je dirais que l'insatiable que je suis aurait aimé plus d'inédits. Et j'avoue qu'un fil conducteur aurait été appréciable aussi (s'il m'a échappé, merci de me le notifier!). Mais ça c'est vraiment parce que j'aime râler. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'on ne peut pas passer à côté de cette BD qui donne vraiment la patate!

Le détail qui tue : la tranche dorée!

 

© Eloo 06/2012  

 

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