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Auteur Thierno DIALLO avec la collaboration de Sophie KEPES 
Editions La Nuée Bleue Date de parution 2015 / 184 p.

→ Reportages sur l'histoire de Thierno Diallo ici et .
Ce livre m'a très gentiment été offert par la maison d'édition La Nuée Bleue.

 

4ème de couverture :

      "A quinze ans, seul, j'ai fui la Guinée et traversé les mers. Rescapé des massacres du stade de Conakry en septembre 2009, échappé d'une prison politique, ma mère disparue, je me suis faufilé à travers les barbelés d'une dictature cruelle. Clandestin sur le chemin de l'eldorado européen, ce Graal fantasmé, j'avais le goût du risque et croyais en mon étoile. Athènes, Paris, Strasbourg. Errances et interpellations, solitude et solidarité, absurdités administratives et générosité, rencontres et apprentissages, écriture. Cinq années ont filé, j'ai mûri, perdu pas mal d'illusions, fait naître en moi d'autres rêves et des projets d'avenir, avec au coeur, intacte, mon insubmersible quête de paix. Mais arrive-t-on à vivre en paix, quand on sait que, là-bas, bien loin, inaccessibles, les personnes aimées ne le peuvent pas?"

 

Mon Avis : ♥♥♥♥♥ Lecture coup de coeur!

Autant vous le dire tout de suite, je redoutais le moment où j'allais écrire cette chronique. Je ne pouvais pas ne pas vous parler de ce témoignage car il est trop important... Et justement parce qu'il est si important, je pense qu'il n'y aura jamais de mots assez forts pour le décrire. Pour décrire ce qu'a vécu Thierno Diallo.

Pendant ma lecture, j'ai repensé à la biographie de Malala, lu quelques semaines auparavant. C'est une chose de comprendre ce qu'il se passe à l'autre bout du monde, c'en est une autre d'admettre ce qu'il se passe à côté de chez soi. Ces deux livres se complètent vraiment bien. Mais il faut bien que j'avoue que le témoignage de Therno Diallo a eu une résonance tout à fait particulière pour moi car le point final de son exil est à Strasbourg, dans ma région. 

J'ai été très touchée par son jeune âge et par toutes les épreuves qu'il a dû endurer seul. Je l'ai trouvé très courageux, malgré les doutes et les peurs, il ne lâche rien. Thierno Diallo est extrêmement intéressant, intelligent, éduqué et cultivé. Il parle déjà un peu le français lorsqu'il arrive en France, car sa maman y tenait beaucoup. Il a cette soif d'apprendre et d'avancer qui je trouve est très inspirante.

Moi, migrant clandestin de 15 ans est divisé en trois partie : la vie de Thierno Diallo dans sa Guinée natale, sa migration puis son installation à Strasbourg. Le tout donne un petit livre avec un grand message de tolérance, d'espoir et de paix. Il nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel on vit. De relativiser, d'avoir moins peur. Il fait beaucoup de bien, croyez-moi, même s'il rend triste aussi.

Thierno Diallo a été pris en charge par une association dès son arrivée à Strasbourg. Commence alors le long combat contre la complexité, la lenteur et surtout l'absurdité de l'administration française. Je crois que c'est ce qui m'a le plus mis en colère. 

"Je connais un jeune qui a trouvé une entreprise pour entrer en apprentissage, mais pour signer le contrat, il lui fallait un titre de séjour. A la préfecture, on lui a dit que pour avoir un titre de séjour, il davait avoir signé un contrat d'apprentissage. Je ne comprends plus rien à ces exigences contradictoires." p. 138

Je ne cesserai jamais de conseiller ce témoignage, reflet du mal-être du monde. Il donne à réfléchir pour en créer un autre, où l'homme donnerait toujours le meilleur de lui-même et vivrait en paix avec ses semblables. Merci Thierno Diallo pour tes mots qui m'ont donné envie de te connaître.

Je m'arrête ici et je laisse conclure Thierno Diallo avec ce second extrait ; le jeune homme commente le terrible naufrage de Lampedusa (il est alors déjà installé à Strasbourg) :

"Après chaque naufrage de migrants en Méditerranée, le grand spectacle des dirigeants européens recommence. Ils courent se recueillir sur les dépouilles. Ils en profitent pour redorer leur image dans les médias. En costume-cravate, ils se montrent au large des côtes, où ne flottent plus que vêtements, chaussures et débris, indices de noyade récente. Ce sont pourtant des êtres humains fuyant la misère, les épidémies et les guerres qui meurent dans ces conditions épouvantables. Mais rapidement, tout le monde passe à autre chose, comme si de simples bougies s'étaignaient, et non des âmes." p.175

 

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Moi, migrant clandestin de 15 ans sur la Fnac.com

© Eloo 05/2016