09 mai 2016

Moi, migrant clandestin de 15 ans

 

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Auteur Thierno DIALLO avec la collaboration de Sophie KEPES 
Editions La Nuée Bleue Date de parution 2015 / 184 p.

→ Reportages sur l'histoire de Thierno Diallo ici et .
Ce livre m'a très gentiment été offert par la maison d'édition La Nuée Bleue.

 

4ème de couverture :

      "A quinze ans, seul, j'ai fui la Guinée et traversé les mers. Rescapé des massacres du stade de Conakry en septembre 2009, échappé d'une prison politique, ma mère disparue, je me suis faufilé à travers les barbelés d'une dictature cruelle. Clandestin sur le chemin de l'eldorado européen, ce Graal fantasmé, j'avais le goût du risque et croyais en mon étoile. Athènes, Paris, Strasbourg. Errances et interpellations, solitude et solidarité, absurdités administratives et générosité, rencontres et apprentissages, écriture. Cinq années ont filé, j'ai mûri, perdu pas mal d'illusions, fait naître en moi d'autres rêves et des projets d'avenir, avec au coeur, intacte, mon insubmersible quête de paix. Mais arrive-t-on à vivre en paix, quand on sait que, là-bas, bien loin, inaccessibles, les personnes aimées ne le peuvent pas?"

 

Mon Avis : ♥♥♥♥♥ Lecture coup de coeur!

Autant vous le dire tout de suite, je redoutais le moment où j'allais écrire cette chronique. Je ne pouvais pas ne pas vous parler de ce témoignage car il est trop important... Et justement parce qu'il est si important, je pense qu'il n'y aura jamais de mots assez forts pour le décrire. Pour décrire ce qu'a vécu Thierno Diallo.

Pendant ma lecture, j'ai repensé à la biographie de Malala, lu quelques semaines auparavant. C'est une chose de comprendre ce qu'il se passe à l'autre bout du monde, c'en est une autre d'admettre ce qu'il se passe à côté de chez soi. Ces deux livres se complètent vraiment bien. Mais il faut bien que j'avoue que le témoignage de Therno Diallo a eu une résonance tout à fait particulière pour moi car le point final de son exil est à Strasbourg, dans ma région. 

J'ai été très touchée par son jeune âge et par toutes les épreuves qu'il a dû endurer seul. Je l'ai trouvé très courageux, malgré les doutes et les peurs, il ne lâche rien. Thierno Diallo est extrêmement intéressant, intelligent, éduqué et cultivé. Il parle déjà un peu le français lorsqu'il arrive en France, car sa maman y tenait beaucoup. Il a cette soif d'apprendre et d'avancer qui je trouve est très inspirante.

Moi, migrant clandestin de 15 ans est divisé en trois partie : la vie de Thierno Diallo dans sa Guinée natale, sa migration puis son installation à Strasbourg. Le tout donne un petit livre avec un grand message de tolérance, d'espoir et de paix. Il nous permet de mieux comprendre le monde dans lequel on vit. De relativiser, d'avoir moins peur. Il fait beaucoup de bien, croyez-moi, même s'il rend triste aussi.

Thierno Diallo a été pris en charge par une association dès son arrivée à Strasbourg. Commence alors le long combat contre la complexité, la lenteur et surtout l'absurdité de l'administration française. Je crois que c'est ce qui m'a le plus mis en colère. 

"Je connais un jeune qui a trouvé une entreprise pour entrer en apprentissage, mais pour signer le contrat, il lui fallait un titre de séjour. A la préfecture, on lui a dit que pour avoir un titre de séjour, il davait avoir signé un contrat d'apprentissage. Je ne comprends plus rien à ces exigences contradictoires." p. 138

Je ne cesserai jamais de conseiller ce témoignage, reflet du mal-être du monde. Il donne à réfléchir pour en créer un autre, où l'homme donnerait toujours le meilleur de lui-même et vivrait en paix avec ses semblables. Merci Thierno Diallo pour tes mots qui m'ont donné envie de te connaître.

Je m'arrête ici et je laisse conclure Thierno Diallo avec ce second extrait ; le jeune homme commente le terrible naufrage de Lampedusa (il est alors déjà installé à Strasbourg) :

"Après chaque naufrage de migrants en Méditerranée, le grand spectacle des dirigeants européens recommence. Ils courent se recueillir sur les dépouilles. Ils en profitent pour redorer leur image dans les médias. En costume-cravate, ils se montrent au large des côtes, où ne flottent plus que vêtements, chaussures et débris, indices de noyade récente. Ce sont pourtant des êtres humains fuyant la misère, les épidémies et les guerres qui meurent dans ces conditions épouvantables. Mais rapidement, tout le monde passe à autre chose, comme si de simples bougies s'étaignaient, et non des âmes." p.175

 

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Moi, migrant clandestin de 15 ans sur la Fnac.com

© Eloo 05/2016

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10 novembre 2015

Moi, Malala

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Je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans
Auteur : Malala YOUSAFZAI
avec la collaboration de Christina LAMB
Editions : Calmann-lévy
Date de parution : 2013
371 p.

 

Malala Yousafzai est une militante pakistanaise des droits des femmes. En 2014, elle obtient le Prix nobel de la Paix, ce qui fait d'elle la plus jeune lauréate de l'histoire de ce prix. En savoir plus...

 

4ème de couverture :

      "Lorsque les talibans ont pris le contrôle de la vallée du Swat, au Pakistan, une toute jeune fille a élevé la voix. Refusant l’ignorance à laquelle la condamnait le fanatisme, Malala Yousafzai résolut de se battre pour continuer d’aller à l’école. Son courage faillit lui coûter la vie.
Le 9 octobre 2012, alors qu’elle n’avait que quinze ans, elle fut grièvement blessée par un taliban dans un car scolaire. Cet attentat censé la faire taire n’a que renforcé sa conviction dans son combat, entamé dans sa vallée natale pour la conduire jusque dans l’enceinte des Nations unies. À seize ans à peine, Malala Yousafzai est la nouvelle incarnation mondiale de la protestation pacifique et la plus jeune candidate de l’histoire au prix Nobel de la paix.

Moi, Malala est le récit bouleversant d’une famille exilée à cause du terrorisme ; d’un père qui envers et contre tout a fondé des écoles ; de parents courageux qui, dans une société où les garçons sont rois, ont manifesté un amour immense à leur fille et l’ont encouragée à s’instruire, à écrire, à dénoncer l’insoutenable et à exiger, pour toutes et tous, l’accès au savoir."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥

Je crois que j'ai vraiment choisi le bon moment pour me plonger dans la vie et le combat de Malala Yousfazaï. Ce témoignage a une résonnance toute particulière avec l'actualité, avec ce qu'il se passe en Syrie et avec la crise des migrants en Europe. Malala nous parle ici de la situation de son pays le Pakistan jusqu'à la tentative d'assassinat qui a failli lui ôter la vie.

Jusque-là, peut-être ne voyez-vous pas les similitudes, en voici donc quelques unes : le Pakistan n'a jamais connu de stabilité politique et les talibans s'efforcent depuis des années à prendre le pouvoir par la force. La famille de Malala a plus d'une fois été en grand danger à cause de son engagement, elle a été obligée d'abandonner sa maison pour se réfugier plus loin dans les terres puis, suite à l'attentat, elle a quitté son pays pour le Royaume-Uni où elle réside toujours aujourd'hui.

Malala s'est battu - et se bat toujours - contre l'obscurantisme. Elle souhaite que les femmes de son pays aient les mêmes droits que les hommes, et qu'elles aient toutes accès à l'éducation. Encore aujourd'hui dans de nombreux pays du monde, des femmes (et des hommes) sont illettrées, à l'instar de la maman de Malala. J'ai été très intéressée de découvrir les origines de son combat : son papa est un homme de lettres qui a créé des écoles pour les garçons et les filles. Il est une figure importante de ce témoignage, un homme ouvert et engagé pour de nombreuses causes : la paix, l'écologie, les droits des femmes, l'école pour tous, etc. Il a une influence positive sur sa fille qu'il encourage énormément dans ses choix.

Dès son plus jeune âge, Malala est très investie dans la vie de sa vallée, elle prend la parole et dénonce la désinformation et l'ignorance. Cette jeune fille a un courage hors norme et j'en suis très admirative. Jusqu'à la dernière ligne, ce témoignage a remué beaucoup de choses en moi. Il rend compte de tout le chemin qu'il reste à parcourir pour un monde plus juste.

Je vous conseille évidemment ce livre, il est à mettre entre toutes les mains.

© Eloo 11/2015

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17 mai 2015

#EnjoyMarie

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Auteur : Marie Lopez
(EnjoyPhoenix)
Editions : Anne Carrière
Date de parution : 2015
215 p.

 

4ème de couverture :

"J'ai eu une envie, l'envie de raconter une histoire, de partager quelque chose de différent avec vous. Moins de vidéos, plus de mots, moins d'EnjoyPhoenix, plus de Marie. Kaléidoscope d'instants, polaroids de ma vie au collège, puis au lycée... Rassurez-vous, ce n'est pas une autobiographie... à dix-neuf ans, vous rigolez! Simplement un regard, des remarques spontanées sur des sujets parfois mis à l'écart par les médias, ce genre de sujets pas vraiment accrocheurs : être bien dans sa peau avec... un appareil dentaire, des cheveux gras, de l'acné sévère, le harcèlement scolaire, la famille décomposée... et le reste, le Net, les réseaux sociaux, tout y est, le meilleur comme le pire. A travers des anecdotes, des confidences, mon vécu de youtubeuse, j'ai voulu écrire un recueil sans prétention, petit GPS décalé pour les jeunes connectés, afin de vous éviter les mêmes erreurs - les miennes, bien sûr. Et peut-être afin de vous faire gagner du temps... sur celui que l'on n'a pas. Avec un peu de recul, et j'espère un peu d'humour, je témoigne ici de la réalité, quelquefois complexe, du jeune âge, car, comme chacun sait, les ados sont une énigme pour les adultes."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥

Je vous avais annoncé la couleur sur Instagram : je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter le livre de Marie car il a trop titillé ma curiosité. On dirait que c'est à la mode en ce moment chez les Youtubeuses : Zoella a écrit Girl Online, Marie a écrit #EnjoyMarie. La différence, c'est que Marie a a priori écrit son livre toute seule comme une grande (je dis a priori car on ne peut jurer de rien mais personnellement je ne doute pas de la sincérité de la jeune femme).

Marie, EnjoyMarie, EnjoyPhoenix, 1 505 848 abonnés à l'heure où j'écris ces quelques lignes. C'est impressionnant. Je ne fais pas parti des abonnés de la première heure car lorsque j'ai rejoint sa communauté, nous n'étions déjà pas trop loin du million. Je voulais comprendre comment la magie s'était opérée, d'où venait l'engoument. J'ai compris très vite : Marie, c'est la grande soeur sympa et sans prise de tête, celle qui n'en sait finalement pas beaucoup plus que toi, mais ce qu'elle sait, ce qu'elle vit, elle te le partage, simplement, cadeau. Dans ces vidéos, elle respire l'authenticité et la joie de vivre. On se sent proche d'elle. Et bien Marie qui écrit un livre, c'est exactement la même.

On ne s'improvise pas écrivain, et ça tombe bien car Marie ne se décrit pas comme telle. Elle nous prévient aussi tout de suite, ceci n'est pas une autobiographie et j'ai envie de lui répondre "ouf! tu as encore le temps". Son livre est un assemblage de réflexions et d'incursions dans son quotidien (mince, j'aurais dû compter le nombre de fois où elle a écrit "thé vert"). Un titre de film annonce souvent la thématique abordée dans le chapitre qui va suivre. La Guerre des boutons, Les Dents de la mer... Je vous l'accorde, ce n'est parfois pas très subtil mais c'est toujours plein d'humour.

Marie s'adresse directement à son lecteur avec des mots simples, et parfois avec de très belles phrases qui surprennent, qu'on relit et qu'on a envie de s'approprier. Elle nous parle de sujets divers et variés, et deux ont particulièrement retenu mon attention. Tout d'abord le harcèlement scolaire dont elle nous parle sous la forme d'un conte. Finalement, Marie effleure le sujet ; c'est avant tout pédagogique et préventif. J'en attendais plus et je reste un peu sur ma faim. Mais peut-être était-il difficile pour elle de se dévoiler davantage et je le respecte. Marie reste très pudique dans ce livre et nous devons nous y faire, rappelons-nous qu'il ne s'agit pas d'une autobiographie. Le second sujet qui a retenu mon attention est Internet évidement. J'ai apprécié de connaître les raisons qui ont poussées Marie à faire des vidéos car nous partageons les mêmes. Tous les autres sujets mériteraient d'être retenus, notamment ceux sur le divorce ou l'amitié, mais je vous laisse la surprise de les découvrir par vous-mêmes.

Pour conclure, je dirais que Marie a réussi son pari car je pense que tous ses lecteurs arriveront à s'identifier au détour d'une page, d'une ligne. Merci Marie pour ce doux moment de lecture!

"J'ai bien réfléchi en buvant mon thé vert. Ce livre sera un petit pied de nez à toute cette communication ultra-rapide dont je vous parlais tout à l'heure." p. 14

 

 

→ Ce concours permet de gagner le roman #EnjoyMarie écrit par Marie Lopez (éd. Anne Carrière).

Je souhaite remercier toutes les personnes qui me suivent fidèlement dans mes aventures livresques, qui lisent régulièrement mes articles sur ce blog et qui regardent mes vidéos. Ce concours est organisé en lien avec ma chaîne Youtube, c'est pourquoi vous devez être abonné à celle-ci pour pouvoir participer.

ATTENTION :
Ce concours est ouvert aux résidents de la France Métropolitaine ; une seule participation par personne sera acceptée.
Le roman #EnjoyMarie n'est pas un livre neuf, il démeure néanmoins en très bon état (légèrement cornéVoir le livre dans ma vidéo ci-dessus).
Ce concours n'est pas sponsorisé ; je ne suis pas responsable en cas de perte ou de dégradation du colis par La Poste.

→ Concours ouvert jusqu'au samedi 30 mai 2015 23h59.

Ce concours est clos!

L'heureuse gagnante est Lucie (lucieved).

© Eloo 05/2015

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08 décembre 2014

Mordechaï Anielewicz : "non au désespoir"

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Auteur : Rachel HAUSFATER
Editions : Actes Sud Junior
Collection : Ceux qui ont dit non
Date de parution : 2010
96 p.

 

→ J'ai eu envie d'en savoir plus sur l'histoire du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale suite à ma lecture du roman d'Erri de Luca Le Tort du soldat (éd. Gallimard).

 

4ème de couverture :

      "Nous ne voulons pas sauver nos vies. Personne n'en sortira vivant. Nous désirons seulement sauver notre dignité d'homme. Il parle, Mordechaï l'ange. Il parle, et calmement il déclare la guerre. On est le 18 avril 1943 et dehors il fait si sombre... Mais en nous une lumière, un petit feu ardent, allumé par lui, notre doux commandant. Il parle et tous l'écoutent, parce qu'il est notre chef, celui qui voit, celui qui veut, celui qui peut. Nous emmener loin d'ici, par le haut, par le beau. Finir en fiers, partir debout, frapper la mort, vivre jusqu'au bout."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥

Je suis très contente d'avoir pu en apprendre davantage sur Mordechaï Anielewicz, un jeune homme intelligent et très courageux. Parfois l'homme est capable de choses dont on ne le soupçonnerait pas. Même s'il savait les juifs du ghetto condamnés, Mordechaï Anielewicz a su leur donner espoir afin qu'ils se battent jusqu'au bout, pour la justice et la liberté. En prenant les armes, les habitants du ghetto de Varsovie n'ont pas subi la violence des nazis, ils se sont défendus et ont choisi leur façon de mourir. Mordechaï Anielewicz était leur guide vers leur délivrance.

Ce documentaire à destination des ados m'a donné envie d'en savoir encore plus sur les combats et la résistance des juifs du ghetto de Varsovie face à leur ennemi nazi. Car il faut bien avouer que ce petit livre reste succinct et qu'il m'a laissé sur ma faim. J'ai été surprise car il s'agit d'un documentaire écrit comme un roman. L'auteur se met dans la peau d'une jeune passeuse d'une douzaine d'année qui fait partie du réseau créé par Mordechaï Anielewicz. Je suppose qu'elle est un personnage fictif mais rien n'est précisé (même si des enfants comme elle ont sûrement existés). Son rôle est de sortir discrètement du ghetto et de récupérer un tas de choses à l'extérieur, de la nourriture comme des armes. Elle est nos yeux et nous raconte le combat de Mordechaï Anielewicz jusqu'à son dernier souffle.

Cette idée de "romancer" un documentaire est un choix éditorial intéressant mais qui rend le tout très "jeunesse". L'auteur ne rentre malheureusement pas dans les détails et je suis ressortie de cette lecture avec l'impression qu'il me manque des éléments. Finalement, ce livre est une mise en bouche qui devrait donner envie à ses lecteurs de se tourner vers d'autres ouvrages qui traitent du même sujet.

© Eloo 12/2014

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03 juillet 2013

Je vous écris du Vél'd'Hiv présenté par Karen TAIEB

Je vous écris du Vél D'hiv

Je vous écris du Véld'Hiv : Les lettres retrouvées présenté par Karen TAIEB
Préface de Tatiana de Rosnay. Editions Robert Laffont. 2011. 217 p.

Ne jamais oublier...

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4ème de couverture :

      "13000 Juifs ont été arrêtés puis internés les 16 et 17 juillet 1942 lors de la rafle du Vél'd'Hiv. On a longtemps cru qu'il ne restait de ces journées qu'une seule et unique photo, quelques documents administratifs, et de trop rares témoignages. Récemment, au Mémorial de la Shoah, Karen Taieb, responsable des archives, a découvert une poignée de lettres écrites dans l'enceinte même du Vélodrome d'Hiver et sorties clandestinement. Tous les auteurs de ces lettres ont été déportés. Parmi eux, seule une femme est revenue.
Réunies ici pour la première fois, reproduites en fac-similé et retranscrites, ces lettres nous plongent de façon saisissante dans la réalité de cet épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥ [Coup de Coeur!]

Comment vous parler de ce témoignage? Je l'ai fini il y a plus d'un mois et je ne trouve toujours pas les mots.
Depuis, cette lecture ne s'est pas estompée dans mon esprit - l'horreur malheureusement reste toujours gravé, mais aucun propos de ma part ne serait assez lourd de sens pour exprimer ce que j'ai ressenti.

Cette chronique va donc être très courte.
Car de plus je ne crois pas que ma mission soit de vous convaincre de livre ce livre ; vous DEVEZ ressentir le besoin de lire ce témoignage de VOUS-MÊME. 

Comment j'ai moi-même appréhendé cette lecture? Je suis partie du principe qu'il s'agit avant tout d'un Devoir de Mémoire. Toujours se rappeler ce que l'être humain est capable de faire subir à son prochain, dans sa pire nature. Se souvenir de toutes ses vies gâchées & de ceux qui ont essayé de les sauver. Ne jamais oublier pour ne plus jamais refaire les mêmes erreurs...

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-> En bref :
C'est un #oui total!
#non : /

 © Eloo 07/2013

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11 février 2013

Alzheimer mon amour de Cécile HUGUENIN

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Alzheimer mon amour de Cécile HUGUENIN
Editions Héloïse d'Ormesson. 2011. 124 p.

Le Saviez-vous? "La maladie d’Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative bien spécifique et incurable, qui provoque une mort lente et progressive des neurones. Les symptômes n’apparaissent d’ailleurs souvent que plusieurs années après qu’elle se soit déclarée dans le cerveau." Source

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4ème de couverture :

      "Comment faire le deuil d'un couple alors que l'être aimé est encore en vie ? Il y a d'abord eu les premiers signes, les mots qui s'emmêlent, les souvenirs qui s'étiolent. Puis le diagnostic. Mais pour Cécile et Daniel, unis par une vie de bonheur de plus de trente ans, l'amour est plus fort que la peur. Magnifique hommage qu'une épouse attentive et inquiète rend à son mari, ce récit donne la voix aux patients, mais également aux soignants et aux proches. Car cette maladie affecte l'entourage : face à la détresse, à la solitude, à la crainte de la perte, les accompagnants doivent aussi être soulagés. Alzheimer mon amour, étonnant travail de reconstruction, est un témoignage bouleversant, mais apaisé, qui chante extraordinairement la vie, et fait progresser le regard de chacun."

 

Mon Avis : ♥♥♥

Je pense que nous sommes plus d'un à tressaillir en entendant le triste mot "Alzheimer" - un petit mot pour une grande peine. Ce mot qui désigne la terrible maladie où l'on glisse inexorablement vers l'oubli.

A la lecture de son récit personnel, Cécile Huguenin m'a beaucoup touché : elle nous raconte son combat de femme amoureuse contre la maladie de son mari, mais il s'agit aussi -et surtout- d'une belle histoire d'amour, qui survit à toutes les épreuves. Dès les premières pages, l'auteur a su m'émouvoir avec sa plume à fleur de peau, et notamment lorsqu'elle nous raconte les premiers signes de la maladie :

"Depuis trente ans, chaque matin il lui préparait son thé. Celui de la boîte rouge décoré d'un Ganesh, le dieu indien à tête d'éléphant [...] Parmi les boîtes de thé pour les différents moments de la journée, dans le petit meuble en bois blanc grillagé rempli d'épices, il ne se trompait jamais. Chaque matin, il dosait, ébouillantait la théière et l'appelait pour partager cet instant unique. Mais ce matin-là, il est arrivé près d'elle hagard et désespéré, portant toutes les boîtes dans ses bras : "C'est lequel, je ne sais plus?"" p.30

Il ressort de ce témoignage une sorte de fatalisme : Cécile Huguenin ne veut pas s'avouer vaincue face au mal qui ronge son mari mais malheureusement la maladie d'Alzheimer ne peut être ni ralentie ni arrêtée. A l'heure actuelle, les médecins ne sont pas encore en capacité de la soigner ; la maladie d'Alzheimer accompagne alors lentement le souffrant jusqu'à sa mort.

J'ai bien aimé que la question de l'accompagnement des proches soit soulevée. Cécile Huguenin nous raconte les rendez-vous chez les médecins, le diagnostic difficile, etc. Elle nous montre que les proches du malade peuvent vraiment se trouver en situation de détresse, de colère, et parfois même d'abattement. Et que, tout comme le malade, ils ont besoin d'être épaulé.

A noter que l'auteur Cécile Huguenin n'est pas ce que l'on pourrait appeler "Madame-tout-le-monde" au vu de son parcours professionnel (elle est psychologue & coach), de sa capacité à emmener son mari à l'autre bout du monde (Madagascar) et de ses contacts qui lui permettent d'installer par la suite son mari dans une résidence spécialisée quasi-idéale. Toutefois, cela ne gâche pas la lecture et les personnes concernées par la maladie  - de près ou de loin - se reconnaîtront aisément dans certaines situations.

Ce témoignage ne finit pas par une note d'espoir mais il nous appelle à la tolérance envers le malade et ses proches. Il nous rappelle également que le chemin est encore long à parcourir jusqu'à une possible guérison...

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-> En bref :
#oui : le courage de l'auteur à mettre des mots sur son vécu, sa belle plume, un contenu à la fois touchant & instructif.

#non : /

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[EDIT] Je remercie l'éditeur de Cécile Huguenin pour l'attention qu'il a porté à ce blog et plus particulièrement à cet article. Je vous transmets ici son commentaire :
"Editeur du livre de Cécile Huguenin, je voulais vous remercier de cette critique pleine de sensibilité et d'intelligence. 
Pourrais-je juste vous préciser que si Cécile n'est pas madame tout-le-monde, ne serait-ce que pour avoir publié son premier livre à 71 ans, elle n'a bénéficié ni de passe-droit (avant de trouver la maison où son mari a fini sa vie dans son Jura natal elle a cumulé les refus ou des lieux affreux), ni de fortune personnelle (le voyage à Madagascar fut financé par la vente de leur biens). Précision que je donne parce certaines personnes de la blogosphère relayées par un site de ventes de livres sur internet ont relayé ce bobard sans s'informer le moins du monde auprès de l'auteure ou de son éditeur. Mais ce ne sont là que petites querelles quand le livre de Cécile est si grand comme son coeur. 
Merci encore" C. Sauvage
(ma réponse dans les commentaires)

 

© Eloo 02/2013

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