25 février 2014

1984

1984

 

Auteur : George ORWELL
Editions : Gallimard
Collection : Folio
Date de parution : 2012
(Première édition : 1949)
407 p.

 

Le Saviez-vous? 1984 est considéré comme une référence de la dystopie et de la science-fiction en général. En 2005, il fait parti de la liste du magazine Times des 100 meilleurs romans et nouvelles dans la langue anglaise, de 1923 à nos jours. Source

 

→ Roman reçu dans le cadre du swap "So British", merci à Méli du blog Bazar de la Littérature.

 

4ème de couverture :

"De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée."

 

Pourquoi Nina m'a choisi cette lecture :

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 Le Blog de Nina

 

Mon Avis : ♥♥♥

La première remarque qui me vient à l'esprit en refermant 1984 est : "comment vais-je parler de ce livre?". Difficile pour moi de dire que c'est un coup de coeur même si j'ai pleinement conscience d'avoir un chef d'oeuvre entre les mains. Durant toute la lecture du roman, on se sent oppréssé, angoissé, observé même tant on y croit ; et dès le départ on a le présentiment que cela ne peut que finir mal. Qu'il n'y aura pas de message d'espoir au bout...

C'est effrayant de se dire que le monde dans lequel vit le personnage principal, Winston, pourrait tout à fait exister puisque George Orwell s'est inspiré de régimes totalitaires authentiques, tels que le stalinisme et le nazisme, pour construire son roman. On peut dire que cet auteur est un génie et que son roman est un avertissement, ni plus ni moins.

"Big Brother is watching you."

Ce roman peut marquer chaque lecteur d'une manière différente. Certains s'arrêteront sur les descriptions de cette société de la surveillance, d'autres sur le tableau des réductions des libertés, ou d'autres encore sur les manifestations obligatoires de haine, etc. Je crois que personnellement, c'est l'appauvrissement de la langue qui m'a le plus bousculé. Dans la logique des choses, une langue vivante évolue et s'enrichit au fil du temps. Ici, le principe est de supprimer le plus de mots possibles de l'ancienne langue, jugés inutiles, pour en créer une nouvelle appelée le novlangue. Le langage est alors réduit à une fonction strictement informative et permet au Parti de contrôler la pensée. Il me semble que si j'avais vécu dans cette société et que j'avais possédé le cran nécéssaire, j'aurais écrit tous les mots supprimés dans un journal pour qu'on n'oublie pas leur beauté...

Je ne vais surprendre personne avec cette conclusion : même si ce roman est difficile (on ressort de cette lecture aussi brisé que peut l'être Winston), il faut le lire.

"La guerre, c'est la paix.
La liberté, c'est l'esclavage.
L'ignorance, c'est la force."

© Eloo 02/2014

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11 février 2014

Le Meurtre de Roger Ackroyd

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Auteur : Agatha CHRISTIE
Editions : Le Livre de Poche
Date de parution : 2009
(Première édition : 1926)
221 p.

 

Le Saviez-vous? Le Meurtre de Roger Ackroyd est le premier vrai succès littéraire d'Agatha Christie. Pour sa première parution, son éditeur Sir Godrey Collins l'a vendu à près de 5000 exemplaires. Ce roman fut par ailleurs très critiqué par les pairs d'Agatha Christie qui estimaient que sa narration particulière portait atteinte aux principes codifiés du roman policier de l'époque.
Source : Agatha Christie : la romance du crime de François Rivière.

 

4ème de couverture :

      "Un soir, dans sa propriété de Fernly Park, l'industriel Roger Ackroyd se confie à son ami le Dr. Sheppard. La veuve qu'il envisageait d'épouser s'est suicidée pour échapper à un chantage. Dans une ultime lettre, elle lui révèle le nom de celui qui détient un terrible secret : un an plu tôt, elle a assassiné son mari."

 

Pourquoi Nina m'a choisi cette lecture :

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Le Blog de Nina

 

Mon Avis : ♥♥♥♥ [Coup de Coeur!]

Agatha Christie nous offre une nouvelle fois un roman policier unique en son genre. Celui-ci sort clairement des sentiers battus, et c'est un bonheur de constater que cet auteur arrive toujours à se renouveler, et à proposer quelque chose de différent par rapport à ses précédants polars. Bon avouons-le tout de go, Le Meurtre de Roger Ackroyd se situe vraiment au-dessus du lot, notamment grâce à son originalité narrative, et c'est d'ailleurs ce roman qui a permis à la grande Dame de se faire connaître à un large public. 

C'est aussi le premier roman policier d'Agatha Christie où j'arrive à deviner le coupable pendant ma lecture. J'étais en train de dévorer les cinquante dernières pages quand une intuition m'est venue. J'aurais été bien incapable d'argumenter quoi que ce soit, tant je ne me basais sur rien et tant cela me semblait invraisemblable... Jusqu'à ce que ce cher Hercule Poirot nous explique tout en fin de roman, comme il a toujours coutume de le faire.

J'ai trouvé le petit détective belge moins agaçant cette fois-ci : son côté 'sûr de lui' a été moins mis en avant, mais certaines choses expliquent cela! Hé oui, c'est un roman à lire jusqu'au bout, sans tricher bien entendu, car il se révèle plein de surprises!
Pour les besoins de son enquête, Agatha Christie a été obligée de se passer du capitaine Arthur Hastings, le vieil ami de Hercule Poirot. J'espère néanmoins rencontrer à nouveau ce personnage dans un prochain roman car il est très attachant et il m'a manqué durant ma lecture.

© Eloo 02/2014

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07 octobre 2013

Le Joueur d'échecs de Stefan ZWEIG

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Le Joueur d'échecs de Stefan ZWEIG
Editions Le Livre de Poche. 2013. 123 p.
Première édition : 1942

Le Saviez-vous? Le Joueur d'échecs (en allemand Schachnovelle) est la dernière nouvelle écrite par Stefan Zweig avant qu'il ne se suicide en compagnie de sa seconde épouse. Il vivait alors au Brésil. 
Dès 1914, Stefan Zweig utilisait l'écriture pour dénoncer la guerre. Il se donna la mort en février 1942, désespéré par la montée et les victoires du nazisme.
Source : la préface

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4ème de couverture :

      "Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, champion mondial des échecs, véritable prodige aussi frustre qu'antipathique? Peut-on le croire, quand il affirme qu'il n'a pas joué depuis plus de vingt ans? Les circonstances dans lesquelles l'homme a acquis cette science sont terribles. Elles nous renvoient aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges. Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit un personnage avec une ironie douloureuse, "pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons"."

 


Pourquoi Nina m'a choisi cette lecture :

logo_Libr"Ce roman est resté un bon souvenir parmi mes lectures passées. Je me suis attachée au personnage principal et j'ai apprécié l'environnement dans lequel se déroule l'intrigue (ici, un paquebot). J'avais envie qu'Eloo vive ce même plaisir !"

Le Blog de Nina - lien vers son avis


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Mon Avis : [Classique]

Cette nouvelle de Stefan Zweig ne paye pas de mine et son titre n'est pas très évocateur ; à prime abord on est loin de se douter de ce qu'on a véritablement entre les mains. Enfin si je me doutais un peu, au vu de ce que Nina m'a dit. J'ai bien senti qu'il s'était passé quelque chose entre elle et ce roman. J'en attendais donc beaucoup et je n'ai pas été déçue.

Pour lire cette nouvelle dans de bonnes conditions, une certaine préparation est nécessaire : il faut se renseigner sur la vie de l'auteur et sur le contexte historique pendant lequel cette histoire a été rédigée. Pour le reste, on laisse faire la plume de Stefan Zweig qui s'insinue en nous dès les premières lignes.

Sous couvert d'un duel aux échecs entre Czentovic le champion mondial et Monsieur B. un inconnu incroyablement doué, Stefan Zweig veut en fait nous parler de la Seconde Guerre mondiale.
A travers l'histoire de Monsieur B., nous découvrons certaines méthodes nazies inimaginables qui ont pour but d'"user" les personnes afin de les faire parler. Une expérimentation complètement différente des camps de concentration puisqu'il s'agit ici de violences psychologiques.

Le désespoir de Stefan Zweig est total quant à la situation en Europe. Il ne croit plus au retour d'un monde meilleur et laisse triompher dans sa nouvelle le "mauvais" personnage. 

Après cette lecture, l'envie de jouer aux échecs ne m'est pas apparue, par contre j'ai hâte de continuer ma découverte de l'oeuvre de Stefan Zweig qui me semble riche et complexe. Pourquoi pas avec 24 heures de la vie d'une femme?

 

© Eloo 10/2013

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27 avril 2013

Les Enquêtes d'Hercule Poirot d'Agatha CHRISTIE

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Les Enquêtes d'Hercule Poirot d'Agatha CHRISTIE
Editions Le Livre de Poche. 2009. 221 p.
Première édition : 1924

Le Saviez-vous? Les Enquêtes d'Hercule Poirot est un recueil de nouvelles adapté partiellement du recueil britannique Poirot Investigates (1924).  Ces enquêtes étaient une commande du magazine The Sketch qui souhaitait qu'Agatha Christie redonne vie à son personnage Hercule Poirot, apparu dans son premier roman La Mystérieuse affaire de Styles. Source & Source.

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4ème de couverture :

      "Disparition de bijoux, suicide suspect, espion retors, meurtre crapuleux, escroquerie de haut vol ou sombre affaire d'héritage : rien de résiste à l'illustre Hercule Poirot..."

 

Mon Avis : [Classique]

Comme vous le savez très certainement, je suis une grande admiratrice de Dame Agatha. Si bien que c'est toujours un plaisir pour moi de me plonger dans une de ses enquêtes.

Ici, nous avons affaire à un recueil de nouvelles où les enquêtes proposées sont à tout à fait originales et différentes les unes des autres. Hercule Poirot, le détective belge, doit résoudre des meurtres - son passe-temps favori, mais il doit également régler des affaires de vols, de disparitions inquiétantes, de héritages compromis, etc.
La nouvelle qui m'a particulièrement plu est "L'Affaire du testament disparu" : l'intrigue est inhabituelle et le mot de la fin cocasse!

Malgré tout, je dois avouer que j'ai une nette préférence pour le format roman. L'inconvénient de la nouvelle est qu'elle oblige Agatha Christie à aller très vite pour boucler son affaire. Dès les premières lignes, l'auteur met la situation en place puis quelques pages plus loin Hercule Poirot nous livre déjà les résultats de son enquête. Le lecteur n'a donc pas le temps de trouver lui-même le fin mot de l'histoire ("essayer" serait le terme plus exact^^). Quel dommage alors qu'Agatha Christie manie si bien l'art du suspense!
D'autre part, et je crois qu'il faut le souligner, le format nouvelle accentue le côté "imbu de lui-même" de Hercule Poirot et met encore plus en avant la naïveté du capitaine Hastings. Cela peut devenir malheureusement lassant à la longue...

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-> En bref :
#oui :  c'est du Agatha Christie, que dire de plus?
#non : préférence pour le format roman
(ici la résolution des enquêtes est trop rapide & les personnages paraissent trop caricaturés)

© Eloo 04/2013

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21 février 2013

Le Crime du golf d'Agatha CHRISTIE

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Le Crime du golf d'Agatha CHRISTIE
Editions Le Livre de Poche. 2005. 219 p.
Première édition : 1923

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Le Saviez-vous? Agatha Christie "écrivit [ce roman] peu de temps après une affaire criminelle qui avait défrayé la chronique en France. Des hommes masqués s'étaient introduits dans une maison, avaient tué le propriétaire, ligoté et bâillonné son épouse. La belle-mère était également morte, mais étouffée par son dentier. Le récit de l'épouse fut contesté. On insinua qu'elle avait assassiné son mari et qu'elle avait été ligotée ensuite par un complice."
Source :
Les Années 1920-1925 / Agatha Christie. Ed. Le Masque. 1991.

 

Synopsis :

      "Une fois n'est pas coutume, cette enquête d'Hercule Poirot nous mène en France d'où M. Renauld - un monsieur qui semble avoir des moyens - a lancé un SOS impérieux au détective. Une limousine attendra Poirot et son ami Hastings à Calais... Mais à Calais, point de limousine : c'est que M. Renauld a été assassiné dans la nuit. On l'a trouvé lardé de coups de couteau dans le dos, au fond d'une tombe ouverte, creusée dans un terrain de golf... L'enquête ne sera pas facile : M. Renauld était bien discret sur son passé en Amérique du Sud ; et bien mystérieuses sont les deux femmes qui, aux dires des domestiques, le rencontraient souvent le soir... Mais Poirot est là, furetant partout, à récolter le moindre indice..."

 

Mon Avis : [Classique]

Une fois de plus, la reine du crime a réussi à m'entourlouper!
Pour la seconde enquête d'Hercule Poirot, Agatha Christie nous offre une intrigue encore plus poussée et recherchée, en comparaison avec La Mystérieuse affaire de Styles (première enquête de Mr Poirot). L'auteur a prit définitivement ses marques dans le genre du policier et on sent par avance qu'elle va encore beaucoup nous gâter.

Le fait que le narrateur soit une tierce personne et non Hercule Poirot me plaît beaucoup. C'est donc le capitaine Hastings, ami et colocataire du détective qui nous raconte leurs aventures. Il s'agit d'un personnage haut en couleurs, tout à fait attachant, mais qui visiblement n'y connaît rien en matière de crime ce qui le rend très drôle. Hercule Poirot doit donc sans cesse lui expliquer l'avancement de son enquête, et  de cette manière sans le savoir il l'explique aussi aux lecteurs du roman!
Si Agatha Christie nous perd en conjecture, ce cher Monsieur Hastings y est pour beaucoup! Il croit toujours deviner le meurtrier et maîtriser le fin mot de l'histoire, et ainsi il nous mène à de fausses pistes et nous pousse à soupçonner des meurtriers tout à fait innocents!

Le Crime du golf m'a tenu en haleine de la première à la dernière page. Il est loin d'être le roman le plus connu de dame Agatha et pourtant il vaut franchement le coup!

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-> En bref :
Cest un #oui total!
#non : /

  © Eloo 02/2013

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23 août 2012

La Mystérieuse affaire de Styles d'Agatha CHRISTIE

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La Mystérieuse affaire de Styles d'Agatha CHRISTIE
Editions Feryane (gros caractères). 2004. 354 p.
Première édition : 1920 

 

4ème de couverture :

      "Une nuit de juillet, dans la demeure de Styles, Emily Inglethorp meurt brutalement. Empoisonnement à la strychnine, conclura l'autopsie...
Qui donc a voulu la mort de la riche Emily? Son jeune mari, dont tous se méfient? Les fils de son premier époux, par crainte de voir l'héritage leur échapper? Ou un autre proche de cette femme dynamique et très entourée? Comment l'assassin a-t-il pu faire absorber le poison à la victime, en pleine nuit, alors qu'elle était enfermée dans sa chambre?
Ne négligeant aucun indice, l'inspecteur Hercule Poirot, en résidence dans la région, mène l'enquête de main de maître. Pour notre plus grand plaisir, sous la plume talentueuse d'Agatha Christie."

 

Mon Avis : [Classique]

Voici donc ma première rencontre avec la grande dame du polar Agatha Christie. Pour que cela se fasse dans les meilleures conditions possibles, j'ai choisi de lire son premier roman, qui est également la mise en scène de la première enquête d'Hercule Poirot.

La complexité de l'intrigue parfaitement maîtrisée par Dame Agatha m'a époustouflé. L'auteur nous balade complètement, nous donnant par-ci par-là des indices qui peuvent à la fois nous aider et nous induire en erreur. J'ai aimé être perdue jusqu'à la découverte du coupable et l'explication qui s'en suit.

Moi qui ne suis pas une grande adepte du genre policier, je crois que j'ai trouvé ce qui me convient. Ici, pas d'assassin complètement malade, pas de meurtres où les descriptions nous arrachent presque un haut-le-coeur,... et surtout même pas peur! Tout l'intérêt réside dans la recherche du coupable grâce aux indices qu'il a pu laisser lui échapper. Dans La Mystérieuse affaire de Styles, pas de meurtres en série glauques & flippants donc, juste une mémé un peu trop riche qui se fait assassiner par une des nombreuses personnes qui vit avec elle. Mais qui? J'aurais juste un petit bémol à noter à ce sujet (parce que j'aime râler, disons-le clairement)  : j'ai trouvé que les personnages n'étaient pas très suspicieux ni très inquiets alors qu'ils savent bien que le coupable se trouve sous le même toit qu'eux (moi je ne dormirais plus la nuit quoi!). Même si visiblement, le coupable n'avait qu'une seule cible...

Une très belle découverte et même un coup de ; j'ai adoré entrer dans l'univers d'Agatha Christie et j'ai hâte de lire la suite des aventures d'Hercule Poirot! (la psycho-rigide-hyper-maniaque que je suis veut continuer dans l'ordre, avec la deuxième enquête de Poirot nommé Le Crime du golf. Oui, un point c'est tout - mais il faut juste que je me la procure^^)

 

© Eloo 08/2012

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13 juin 2012

Au Bonheur des Dames d'Emile ZOLA

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♠ Au Bonheur des Dames d'Emile Zola
Editions Le Livre de poche - Coll. Classiques. 1998. 542 p.
Première édition : 1883

 

4ème de couverture :

      "Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter en 1883, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Denise échoue de Valognes dans cette fournaise, démunie mais tenace. Zola fait de la jeune fille et de son puissant patron amoureux d'elle le symbole du modernisme et des crises qu'il suscite. Zola plonge le lecteur dans un bain de foule érotique. Personne ne pourra plus entrer dans un grand magasin sans ressentir ce que Zola raconte avec génie : les fourmillements de la vie."

 

Mon Avis : [Classique]

Bien qu'Au Bonheur des Dames (1883) soit le 11ème tome du cycle Les Rougon-Macquart, il se lit parfaitement de manière indépendante. Le personnage principal de ce roman est un grand magasin parisien de tissus dirigé par Octave Mouret, le Bonheur des Dames. Emile Zola l'a créé de toutes pièces, s'inspirant de grands magasins de son époque tels que Le Bon Marché ou Les Grands Magasins du Louvre.

Au Bonheur des Dames permet à l'auteur d'analyser la société dans laquelle il évolue. A travers son texte, on suit avec impuissance le petit commerce de proximité se faire progressivement "dévoré" (Zola utilise souvent ce genre de métaphore) par le grand magasin (=la grande distribution). Par la même, on découvre l'apparition des premiers gestes commerciaux, des produits aux rabais et des diverses ruses pour inciter les clients à acheter davantage. Ce qu'il se passe dans nos magasins aujourd'hui n'est décidément rien de nouveau, Emile Zola aborde un sujet plus que jamais d'actualité.

L'auteur possède également un regard implacable sur l'être humain. Il met les pires vices des femmes en avant (la fièvre acheteuse est personnifiée par Mme. Marty, la jalousie maladive par Mme. Desforges, etc.), et montre parfois l'homme comme un être relativement primaire (Mouret est prêt à donner des milliers de francs à une jeune femme qui n'attend de lui qu'une preuve d'amour). Quand l'auteur décrit les riches clientes du magasin, il donne l'impression d'avoir bien peu d'estime pour les femmes qu'il montre faibles, sans résistance ni volonté. Mais le personnage de Denise nous détrompe immédiatement. Sous sa plume, Emile Zola en a fait une héroïne forte sous ses airs fragiles. Il en a fait une femme d'exception.

Quant à son personnage d'Octave Mouret, il est complexe et très travaillé. Emile Zola le rend fou d'amour pour sa jeune vendeuse Denise ; celui qui est prêt à mettre sur la paille tous ses concurrents sans aucun état d'âme aurait-il donc tout de même un coeur? Octave Mouret est un homme qui apparaît avant tout insatiable : il en veut toujours plus (plus de produits, plus d'espaces, plus de recettes, plus de femmes à ses genous, etc.) et en général, il obtient ce qu'il désire. Il ne peut donc supporter qu'une jeune femme puisse lui résister. Et comme Denise est la seule à ne pas se laisser cueillir comme une fleur, il tombe amoureux d'elle. Car celle-ci prouve par sa résistance qu'elle est son égale.

Comme il est souvent de mise dans la littérature du XIXème siècle, Au Bonheur des Dames regorge de descriptions. Chaque scène et chaque nouvelle situation est l'occasion pour Emile Zola de nous décrire l'environnement présent. Dans certains livres, cela peut parfois devenir lassant et rébarbatif, mais ici ce n'est pas le cas. L'auteur a un très beau style et il est très agréable de le lire. Avec plaisir, on le laisse nous faire visiter chaque lieu de son histoire.

En conclusion, je dirais que ce roman est une très belle découverte. Il m'a permis de rencontrer Emile Zola dans d'excellentes conditions. Je ne peux que vous le conseiller!

 

© Eloo 06/2012  

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