10 février 2015

Max

max

 

Auteur : Sarah COHEN-SCALI
Editions : Gallimard
Collection : Scripto
Date de parution : 2012
472 p.

 

→ Challenge Pioche ton addiction! #4 : C'est le Chéri qui choisit!

  

4ème de couverture :

      "19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich."

 

Mon Avis : ♥♥♥

Max est un ovni dans le paysage de la littérature historique pour adolescents. Je l'ai trouvé intéressant à bien des égards, mais certaines choses m'ont gêné pendant ma lecture.

Lorsque l'histoire commence, Max est encore dans le ventre de sa mère... ce qui ne l'empêche pas de s'exprimer comme un adulte. Nous suivons la vie de Max jusqu'à ses 9 ans (1936-1945) et tout du long il va comprendre ce qui l'entoure et avoir des réflexions bien trop matures pour un enfant de son âge. J'ai été vraiment déroutée car c'est très surprenant d'entendre une voix d'adulte sortir du corps d'un jeune garçon (surtout quand il est encore un foetus puis un bébé!). Max est vraiment très intelligent, Max a un langage de charretier, Max espionne des prostitués, etc. Bref, il faut s'y faire. Je pense que c'est un choix délibéré de l'auteur et je le respecte, mais il est certain que cela ne plaira pas à tout le monde et pour ma part j'ai vraiment eu dû mal à m'accrocher.

Le roman démarre très lentement. Sous couvert de nous raconter l'histoire de Max, Sarah Cohen-Scali veut surtout nous apprendre toutes les ficelles du programme "Lebensborn". Si j'ai été très attentive car il s'agit d'un pan de la Seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas, il faut tout de même avouer que les nombreuses descriptions prennent parfois le pas sur l'avancée de la fiction. Pour moi, le déclic s'est fait lorsque nous rencontrons le personnage de Lucjan. Il adoucit la suite de l'histoire, il rend Max plus humain et il m'a beaucoup touché.

Je vais finir sur deux éléments qui m'ont beaucoup plu et que je tiens à souligner.
Premièrement, l'auteur a inclus dans son récit un extrait de "Mein Kampf": j'ai trouvé que ce choix était osé mais il ne m'a pas déplu car il a tout à fait sa place à ce moment précis de l'histoire.
Deuxièmement, Sarah Cohen-Scali prend le temps à la fin du roman de nous expliquer quels sont les personnages et les évènements réels de son histoire, et quels sont ceux qui sortent totalement de son imagination. Elle nous cite également ses nombreuses sources.

N'hésitez pas à lire Max si le thème de la Seconde guerre mondiale vous intéresse, mais je préfère vous prévenir que cette lecture est tout sauf facile, par son sujet abordé évidemment mais aussi et surtout par sa construction.
Je pense que ce livre ne convient pas à tous les publics et je déconseille les jeunes de moins de 15-16 ans de tenter l'expérience.

mon avis en vidéo

© Eloo 02/2015

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08 décembre 2014

Mordechaï Anielewicz : "non au désespoir"

mordechai-anielewicz-non-au-desespoir

 

Auteur : Rachel HAUSFATER
Editions : Actes Sud Junior
Collection : Ceux qui ont dit non
Date de parution : 2010
96 p.

 

→ J'ai eu envie d'en savoir plus sur l'histoire du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale suite à ma lecture du roman d'Erri de Luca Le Tort du soldat (éd. Gallimard).

 

4ème de couverture :

      "Nous ne voulons pas sauver nos vies. Personne n'en sortira vivant. Nous désirons seulement sauver notre dignité d'homme. Il parle, Mordechaï l'ange. Il parle, et calmement il déclare la guerre. On est le 18 avril 1943 et dehors il fait si sombre... Mais en nous une lumière, un petit feu ardent, allumé par lui, notre doux commandant. Il parle et tous l'écoutent, parce qu'il est notre chef, celui qui voit, celui qui veut, celui qui peut. Nous emmener loin d'ici, par le haut, par le beau. Finir en fiers, partir debout, frapper la mort, vivre jusqu'au bout."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥

Je suis très contente d'avoir pu en apprendre davantage sur Mordechaï Anielewicz, un jeune homme intelligent et très courageux. Parfois l'homme est capable de choses dont on ne le soupçonnerait pas. Même s'il savait les juifs du ghetto condamnés, Mordechaï Anielewicz a su leur donner espoir afin qu'ils se battent jusqu'au bout, pour la justice et la liberté. En prenant les armes, les habitants du ghetto de Varsovie n'ont pas subi la violence des nazis, ils se sont défendus et ont choisi leur façon de mourir. Mordechaï Anielewicz était leur guide vers leur délivrance.

Ce documentaire à destination des ados m'a donné envie d'en savoir encore plus sur les combats et la résistance des juifs du ghetto de Varsovie face à leur ennemi nazi. Car il faut bien avouer que ce petit livre reste succinct et qu'il m'a laissé sur ma faim. J'ai été surprise car il s'agit d'un documentaire écrit comme un roman. L'auteur se met dans la peau d'une jeune passeuse d'une douzaine d'année qui fait partie du réseau créé par Mordechaï Anielewicz. Je suppose qu'elle est un personnage fictif mais rien n'est précisé (même si des enfants comme elle ont sûrement existés). Son rôle est de sortir discrètement du ghetto et de récupérer un tas de choses à l'extérieur, de la nourriture comme des armes. Elle est nos yeux et nous raconte le combat de Mordechaï Anielewicz jusqu'à son dernier souffle.

Cette idée de "romancer" un documentaire est un choix éditorial intéressant mais qui rend le tout très "jeunesse". L'auteur ne rentre malheureusement pas dans les détails et je suis ressortie de cette lecture avec l'impression qu'il me manque des éléments. Finalement, ce livre est une mise en bouche qui devrait donner envie à ses lecteurs de se tourner vers d'autres ouvrages qui traitent du même sujet.

© Eloo 12/2014

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17 novembre 2014

Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles

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Auteurs : Suzanne HAYES & Loretta NYHAN
Editions : Belfond
Date de parution : 2014
396 p.

 

→ Merci à Fiona du blog Pretty Books de m'avoir tenté et à mon Chéri de me l'avoir offert.

 

4ème de couverture :

      "Depuis que son mari a été appelé à rejoindre les forces alliées pour combattre en Europe, Glory Whitehall s’ennuie. Enceinte, seule avec son fils de deux ans dans sa grande demeure du Massachusetts, la pétillante jeune femme cherche une amie à qui parler.
A des centaines de kilomètres de là, en Iowa, Rita Vincenzo s'interroge : comment joindre les deux bouts dans un pays rationné? Comment réconforter la douce Roylene, la fiancée de son fils parti pour le front? Et, surtout, avec qui partager les angoisses et les joies du quotidien? Puis un jour, Rita reçoit une lettre d'une inconnue nommée Glory, comme elle épouse de soldat..."

 

Mon Avis : ♥♥♥♥

Je ne pouvais pas passer à côté de ce roman épistolaire se déroulant pendant la Seconde guerre mondiale car il avait tout pour me plaire.
Ma petite phrase d'introduction vous fait peut-être penser à un autre roman également écrit à quatre mains et nommé Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates? Ca m'a fait le même effet que vous, et bien que ces deux romans partagent de nombreux points communs, comme leur grande qualité littéraire, ils sont aussi très différents. Lisez l'un, puis l'autre, vous ne vous ennuyerez pas et apprécierez chacune des deux histoires.

A travers les lettres qu'elles échangent, nous apprenons à connaître Gloria et Rita, deux personnages hauts en couleur et attachants au possible. Elles ont chacune un parcours de vie très différent, mais qui leur permet de s'entraider mutuellement. L'absence des hommes de leur vie partis en Europe pour la guerre est ce qui les lie au départ, mais leur amitié va très vite dépasser tout ça. Je me suis sentie naturellement proche de Gloria car nous avons à peu près le même âge, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier également Rita ainsi que tous les personnages secondaires (à l'exception de ce casse-pied de Levi).

Le bémol - vous savez ce petit grain de sable qui dérange dans la chaussure et qui empêche ce roman d'être un coup de coeur pour moi, ce sont les histoires de coeur de Gloria. Je ne peux pas vraiment en dire plus de peur de vous spoiler, à part que je n'ai pas toujours adhéré aux choix de Gloria, j'ai trouvé celle-ci parfois très immature et irresponsable (trop fleur bleue?). Heureusement, nous tombons d'accord à la fin de l'histoire.

Passons maintenant à ce que j'ai le plus aimé : l'évocation de la place de la femme à cette époque. En 1914 comme en 1940, les femmes ont dû participer à l'effort de guerre et travailler pour palier à l'absence des hommes. Elles ont alors pris conscience qu'elles étaient tout autant capables qu'eux. En bref, Petites recettes de bonheur... montre parfaitement l'émancipation progressif de la femme et j'ai adoré.

Ce roman est réaliste et très bien écrit ; parce qu'elles s'échangent des recettes de cuisine, des astuces en jardinage et des potins de voisinage, Rita et Gloria nous montrent que la vie doit continuer malgré tout, malgré le malheur, la peur et l'absence.

Je concluerais sur cette anecdote : Si Rita et Gloria s'écrivent des lettres sans s'être jamais vues, sachez que les deux auteurs de ce roman, Suzanne Hayes et Loretta Nyhan, l'on écrit également sans se rencontrer.

© Eloo 11/2014

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30 avril 2014

Elle s'appelait Sarah

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Auteur : Tatiana de ROSNAY
Editions : Héloïse d'Ormesson
Date de publication : 2007
356 p.

Le Saviez-vous? Interview de Tatiana de Rosnay, à propos du roman et de son adaptation cinématographique :

 

4ème de couverture :

      "Paris 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vél d'Hiv. Découvrant avec horreur le calvaire de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s'attache en particulier au destin de Sarah et mène l'enquête jusqu'au bout, au péril de ce qu'elle a de plus cher.

Paris 16 juillet 1942. A l'aube la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande soeur l'enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là."

 

Pourquoi Nina m'a choisi cette lecture :

Nina elle s'appelait sarah

 Le Blog de Nina

 

Mon Avis : ♥♥♥♥ [Coup de Coeur!]

Tout d'abord, je tiens à remercier Nina d'avoir sorti ce roman de ma PAL. Il participe au devoir de mémoire, et je pense que nous devrions tous le lire. Car il s'agit bien plus que d'une fiction, ce roman nous rappelle les horreurs de la guerre, le rôle que l'administration française a parfois joué et les innombrables vies gâchées.

Le roman de Tatiana de Rosnay est fort en émotions car le personnage de Sarah représente en quelques sortes tous les enfants raflés du 16 juillet 1942, qui ont été entassés dans le Vélodrome d'Hiver avant d'être envoyés dans les camps où ils ont rapidement été séparés de leurs parents. Des enfants qui pour la plupart n'avaient qu'une vague idée de ce qu'était la guerre, qui ne comprenaient pas pourquoi ils devaient porter une étoile jaune, pourquoi ils n'avaient plus le droit de jouer dans les parcs avec les autres enfants, pourquoi leur père allait se cacher chaque soir laissant leur mère se coucher seule la peur au ventre...

Le personnage de Julia Jarmond est très attachant : il est vital pour elle de connaître le destin de Sarah, tout comme il devient une nécéssité pour nous lecteur de la suivre dans sa quête. On espère si fort que tout va bien se passer pour Sarah, même si on sait au fond qu'on ne changera pas l'Histoire...

Je vous invite à aller lire mon avis sur le recueil de lettres retrouvées Je vous écris du Vél d'Hiv présenté par Karen Taieb et préfacé par Tatiana de Rosnay. Et de vous plonger sans plus attendre dans le roman Elle s'appelait Sarah.

© Eloo 04/2014

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13 avril 2013

Meurtre dans le boudoir de Frédéric LENORMAND

meurtre dans le boudoir

Meurtre dans le boudoir de Frédéric LENORMAND
"Voltaire mène l'enquête"
Editions JC Lattès. 2012. 318 p.

Le Saviez-vous? Le premier opus de la série, La Baronne meurt à cinq heures,
a été récompensé par le prix Historia, le prix Arsène Lupin & le prix du Zinc. source : dernière de couverture.

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4ème de couverture :

      "Alors que la publication de ses Lettres philosophiques s'annonce fracassante, Voltaire jure ses grands dieux qu'il ne les a pas écrites - mais s'empêtre à nouveau dans des crimes qu'il n'a pas commis. Un assassin débordant d'imagination s'inspire d'un roman licencieux qui circule sous le manteau pour éliminer ses victimes dans la soie orientale et les loukoums. Soucieux d'amadouer le lieutenant de police Hérault, voilà Voltaire contraint de hanter les maisons de passe, les librairies clandestines, les bureaux de la censure et les parties fines, sur les traces d'un illuminé qui n'a guère plus de pitié pour les philosophes que pour les libertins. L'aide du bon abbé Linant et de la brillante Emilie du Châtelet ne sera pas de trop pour tenter de garder en vie l'esprit le plus pétulant de son siècle."

 

Mon Avis : ♥♥

Dans cette nouvelle enquête mené par Voltaire, les choses se passent... sous la ceinture et sous le comptoir : bienvenue dans les maisons closes et les librairies clandestines! Les romans licencieux se transmettent sous le manteau et les plus hautes personnalités organisent des parties fines, hé oui ne vous y trompez pas, ils étaient loin d'être prudes au 18ème siècle!

Tout comme pour La Baronne meurt à cinq heures, le mélange des genres policier/historique/humour est réussi.
J'aurais peut-être davantage apprécié que l'enquête policière prenne la part belle du roman plus tôt qu'au dernier quart du livre. Mais il semble que celle-ci n'est pas forcément la priorité de l'auteur. Et quelle est-elle me demanderez-vous? Aucune idée, mais je crois surtout que Mr. Lenormand ne se fixe aucune limite et qu'il s'éclate à écrire son livre, tout simplement.
Attention, cela ne veut pas non plus dire qu'il écrit n'importe quoi! L'auteur n'en ait pas à son premier roman historique et on peut se fier aux informations qu'il nous livre! Par contre, le personnage de Voltaire ressemble tellement à une caricature que l'on est en droit de se demander s'il était vraiment comme ça ou si Frédéric Lenormand a prit quelques libertés...
Un dernier mot sur l'humour (comme ça on aura fait le tour) : l'histoire est vraiment décalée et m'a donné le sourire du début à la fin. Maintenant, j'attend encore de cet auteur qu'il réussisse à m'arracher un éclat de rire!

Tant pis si je passe pour une éternelle insatisfaite, notez bien que j'ai tout de même vraiment apprécié cette lecture détente! Cette saga - avec son mélange des genres - est ambitieuse et Frédéric Lenormand s'en sort plutôt bien. J'ai hâte de découvrir la troisième aventure de Voltaire qui est sorti cette année (=mars 2013) et qui s'intitule Le Diable s'habille en Voltaire.

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-> En bref :
#oui : mélange des genres réussi, belle plume, histoire originale et décalée
#non : /

© Eloo 04/2013

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24 janvier 2013

Olympe de Gouges de José-Louis BOCQUET & Catel MULLER

olympe de gouges

Olympe de Gouges de José-Louis BOCQUET (scénario) & Catel MULLER (dessin)
Editions Casterman - Coll. écritures. 2012. 486 p.

Le Saviez-vous? Le duo Catel & Bocquet avait déjà signé un premier roman grahpique en 2007: Kiki de Montparnasse.
Cette BD avait été récompensée à plusieurs reprises (= Grand Prix RTL, Prix Mille pages, Prix du meilleur album des Lyons de la BD)

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4ème de couverture :

      "La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune."
Olympe de Gouges Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne - 1791"

 

Mon Avis : ♥♥♥♥ [Coup de Coeur!]

Je suis heureuse de vous présenter ma dernière et très belle découverte : un roman graphique relatant la vie d'Olympe de Gouges (1748-1793), personnage historique peu connu mais ô combien exceptionnel.

Née Marie Gouze, cette jeune femme se marie dès l'âge de 18 ans, porte un enfant puis perd brusquement son mari. Elle décide alors de vivre librement et de se faire appeler Olympe de Gouges. Autodidacte, Olympe lit énormément et s'intéresse à tout. Rapidement, elle entre dans des cercles, prends des amants parmi des hommes de lettres, rencontre de près ou de loin des personnalités de son temps tels que Voltaire, Rousseau, B. Francklin, etc. A travers des pièces de théâtre et des pamphlets qu'elle écrit, Olympe de Gouges s'engage auprès des hommes noirs - qui ne sont à l'époque pas considérés comme des êtres humains - et dénonce l'esclavage. Puis progressivement, la cause des femmes devient sa première priorité. Elle va oser demander tout haut le divorce, le droit de vote des femmes... En 1791 après la Révolution française, elle va écrire la fameuse Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.Je ne vous en dis pas plus mais j'espère que ce bref aperçu de la vie d'Olympe de Gouges vous donnera envie d'en savoir davantage.

Il est important de noter également un scénario rythmé et bien ficelé : le duo a fait preuve d'une rigueur historique constante et partage avec nous le fruit de leurs recherches ce qui est indéniablement un plus (chronologie de la vie d'Olympe, notices biographiques des personnes qui ont croisé son chemin, sources). Quant aux illustrations, elles sont tout simplement magnifiques. Tout en sobriété puisqu'il s'agit de noir et blanc, mais ce qui n'empêche pas un dessin stylisé qui accroche le regard.

Lancez-vous!

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-> En bref :
Cest un #oui total!
#non : /

 © Eloo 01/2013

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18 décembre 2012

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta SEPETYS

Ce qu'il n'ont pas pu nous prendre

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre de Ruta SEPETYS
Editions Gallimard - Coll. Scripto. 2011. 423 p.

 

Le saviez-vous? Tout est dit dans cette magnifique interview :


Une rencontre avec Ruta Sepetys par GallimardJeunesse

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4ème de couverture :

      "Lina est une jeune Lituanienne  comme tant d'autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d'art. Mais une nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l'arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d'un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l'amour des siens et son audace d'adolescente. Dans le camp, Andrius, dix-sept ans, affiche la même combativité qu'elle..."

Ruta Sepetys : "L'histoire ne raconte pas seulement son combat pour survivre, mais aussi comment elle a fait pour garder foi en l'humanité sous le règne de terreur installé par Staline". Source


Mon Avis : 
étoile jaune

Il est aussi difficile pour moi d'écrire cette chronique qu'il a été de lire Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre. Ce roman m'a bouleversé, purement et simplement. Comment trouver les mots après ça?

Commençons par le petit bémol - comme ça c'est fait : le mélange des temps. Ce roman est principalement écrit au passé simple et au passé composé. Classique et efficace. Mais parfois, le présent est employé le temps de quelques paragraphes ; j'ai trouvé ça perturbant. Dans la mesure où le récit est linéaire et continue, garder le temps du passé était la meilleure chose à faire à mon sens.
Inutile et dérangeant sont les deux mots que cela m'a inspiré pendant ma lecture. La "faute" à l'auteur ou au traducteur? Je laisse la parole à ceux qui ont lu ce roman en VO...

Je pense qu'il fallait souligner ce point tout comme il faut à présent mettre en valeur le fait que ce roman apporte énormément de choses à celui qui le lit. Il nous bouscule, il nous bouleverse, il nous rappelle.
Beaucoup de romans ados ont abordé le thème de la Seconde Guerre mondiale en mettant en avant l'indicible commit par les nazis. Ici, nous sommes de l'autre côté, en URSS dans les kolkhozes soviétiques. Ce sujet a été moins abordé et c'est une grave erreur. Il ne faut jamais oublier que même si Staline fait parti des grands vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale, des millions de personnes sont décédées dans les pires conditions qui soient à cause de lui et de son idéologie.

Devoir de mémoire : "toujours se rappeler, ne jamais oublier" semble être le fil conducteur de l'auteur Ruta Sepetys.

Ce roman est difficile à lire mais il est presque aussi efficace qu'un cours d'histoire! On vit l'aventure avec Lina : on est enfermé avec elle dans le wagon à bestiaux, on a mal et on a peur avec elle. Mais je pense que nous avons besoin qu'une telle histoire nous percute ainsi : on a parfois l'impression que ces évènements ont eu lieu il y a des années lumière alors que c'était il y a 67 ans seulement.

Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre est un incontournable qui pourrait être lu à l'école. Certes, âmes sensibles s'abstenir, mais je pense que ce roman témoignage est abordable dès l'âge de 12 ans avec un accompagnement adéquat.

 

challenge cold winter
1/6

© Eloo 12/2012

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17 septembre 2012

La Baronne meurt à cinq heures de Frédéric Lenormand

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La Baronne meurt à cinq heures de Frédéric Lenormand ♠
"Voltaire mène l'enquête"
Editions JC Lattès. 2011. 331 p.

 

4ème de couverture :

      "Qui a osé assassiner la baronne chez qui Voltaire coulait des jours heureux? En ce froid février 1733, c'est la rue qui attend notre philosophe (ou pire, la Bastille!). Il lui faut donc retrouver le criminel sans délai avant que celui-ci ne s'en prenne à d'autres honnêtes gens - à lui-même, par exemple. Heureusement, avec l'aide providentielle d'Emilie du Châtelet, Voltaire ne manque pas de ressources. Brillante femme de sciences, enceinte jusqu'au cou, celle-ci va l'accompagner dans son enquête où les subtilités féminines triompheront bien souvent de la philosophie. Ensemble, ils devront affronter de redoutables héritières en jupons, des abbés benêts et des flûtistes sanguinaires, décrypter des codes mystérieux, et surtout échapper à un lieutenant général de police prêt à embastiller Voltaire au moindre faux pas..."

 

Mon Avis : ♥ ♥ ♥

Mon avis ira droit au but - inutile d'ajouter des fioritures et autres ronds de jambes, je laisse ça à Voltaire! -, l'essentiel étant que j'ai passé un agréable moment de lecture avec ce roman.

Le point fort de La Baronne meurt à cinq heures est le mélange réussi des genres : l'intrigue policière et l'humour de l'auteur font bon ménage, et le fait que l'auteur choisisse un contexte historique particulier rend le tout encore plus sympathique.
La résolution du meurtre est à l'image du roman tout entier : décalé. Même si l'auteur semble bien s'éclater, il n'empêche pas que son intrigue est rondement bien mené. Encore un policier comme je les aime : rien de trop glauque ou effrayant, mais une énigme passionnante à résoudre. J'ai eu des soupçons, mais je me suis surtout fait balader. C'est donc réussi! 

En plus d'utiliser en fond une période historique précise, Frédéric Lenormand met en scène des personnages ayant réellement existé (Voltaire, la Baronne de Fontaine-Martel, la Marquise du Châtelet, etc.). Je ne sais pas dans quelle mesure les informations historiques qu'il nous donne sont véridiques ; mais je crois que dans le doute il ne faut pas trop s'y fier : de toute évidence le but premier de l'auteur est de nous divertir, pas de nous informer. Il a choisit un contexte historique qu'il connaît et des personnages qui ont existé pour bâtir son intrigue qui est à mon sens complètement fictive.

Je vous conseille ce roman si vous appréciez les polars-historiques-humouristiques-sans prises de tête!

© Eloo 09/2012

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