18 novembre 2013

L'Armoire des robes oubliées de Riikka PULKKINEN

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L'Armoire des robes oubliées de Riikka PULKKINEN
Editions Albin Michel. 2012. 397 p.

Le Saviez-vous? L'Armoire des robes oubliées a été sélectionné pour le Finlandia Prize.

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Synopsis :

      "Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille.  Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu'elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère..." Source

 


 Pourquoi Nina m'a choisi cette lecture :

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"Si j'ai choisi ce livre, c'est d'abord parce qu'il est dans ma Wishlist et donc la curiosité est l'un de mes vilains défauts ! Ensuite, parce qu'il me fait penser à un autre roman que j'avais beaucoup apprécié : Le goût des pépins de pomme de K. Hagena. J'aime les histoires de famille au féminin, leur poésie, leur délicatesse. Et j'espère que c'est ce qu'Eloo y retrouvera."

                                      Le Blog de Nina


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Mon Avis : ♥♥♥♥

Depuis sa sortie, j'ai envie de me plonger dans ce roman car son tout m'intriguait : la couverture, le titre, le résumé.
L'auteur nous conte une belle histoire, une histoire de femmes, mais où les hommes ne sont pas en reste. Il y a la grand-mère Elsa, la mère Eléonnora et la fille Anna. Il y a aussi Martti, respectivement le mari, le père et le grand-père de ces dames. Il y a enfin Eeva, l'étrangère si familière. Et puis il y a de beaux dégâts... Parce que les aléas de la vie malheureusement on ne les commande pas.
De l'histoire je n'en dirai rien de plus car le synopsis ci-dessus en raconte juste ce qu'il faut.

La plume de l'auteur est si poétique que cela semble irréelle ; je me suis accrochée à chaque mot comme si ma vie en dépendait. J'ai lu ce roman à bout de souffle, j'avais besoin d'en connaître la fin. Je crois que finalement il m'a juste manqué un zeste de piquant pour que cette lecture soit parfaite.

Ce roman aurait même pu être un coup de coeur pour moi si l'un de ses thèmes principaux (que je ne vous dévoilerai pas pour ne pas gâcher votre lecture) n'entrait pas en contradiction avec mes valeurs personnelles. Néanmoins, je sais reconnaître un roman de qualité quand il me passe entre les mains.  J'ai été traversée par tout un tas de sentiments et d'émotions pendant ma lecture, fait plutôt rare pour être noté. Cela faisait un moment qu'un livre ne m'avait pas autant secoué...

Je ne peux que vous conseiller ce roman qui met en avant, autres autres, la filiation par le sang et plus encore la filiation par le coeur.
C'est beau, c'est vrai, alors forcément parfois ça fait un peu mal... La vie en somme.

© Eloo 11/2013

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27 octobre 2011

Les Vaches de Staline de Sofi OKSANEN

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Les Vaches de Staline de Sofi OKSANEN

Edition Stock - Coll. La Cosmopolite. 2011. 512 p.

 

4ème de couverture : 

      "Les « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés en Sibérie désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent là-bas, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C’est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l’héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d’être acceptée de l'autre côté du "Mur", elle a tenté d’effacer toute trace de ses origines et de taire les traumatismes de l’ère soviétique.

Sofi Oksanen décrit avec une grande puissance d’évocation les obsessions de ces deux femmes : Anna ne pense qu'à contrôler l'image de son corps, tandis que sa mère raconte sa rencontre avec « le Finlandais », à Tallinn, dans les années 1970, avec une sorte de distance glaçante, comme si sous ce régime de surveillance, la peur s'infiltrait jusque dans les rapports de séduction. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille ?"

 

Mon avis : ♥ ♥ 

Je retrouve avec plaisir la plume de Sofi Oksanen avec Les Vaches de Staline, le prédécesseur de Purge (mais traduit en langue française après son successeur qui avait par ailleurs raflé de nombreux prix et que j'avais beaucoup aimé).

Cet auteur a un style bien à elle, et je crois qu'il n'y a pas de milieu : soit on aime, soit on aime pas. Pour Sofi Oksanen, les mots sont avant tout un outil qui lui permet de dire exactement ce qu'elle a à dire. Et tant pis s'il n'y a pas toujours de ponctuations, et tant pis si les phrases sont trop courtes ou trop longues. Qu'importe tant qu'elles traduisent parfaitement ses pensées. Toutes ces phrases touffues, je les vois comme un désordre ordonné : Sofi Oksanen sait très bien ce qu'elle veut dire et où elle va, et c'est à toi lecteur de suivre comme tu peux! Ce qui m'amène à une chose très simple : les romans de cet auteur ne sont pas une lecture facile mais sont néanmoins bien ancrés dans la littérature contemporaine. Le moment propice pour se plonger dedans ? Il doit être calme, silencieux et permettre une grande concentration.

Passons à l'histoire même. Une fin de Seconde Guerre Mondiale difficile, une Guerre Froide empoisonnante et une reconstruction "à l'occidentale" longue et laborieuse. Nous sommes en Estonie et en Finlande, et nous vivons ces périodes historiques en compagnie de trois générations de femmes : Sofia la grand-mère, Katariina la mère et Anna la fille. Comme dans Purge, l'auteur semble vouloir coller au mieux à la réalité historique ; Sofi Oksanen possède visiblement beaucoup de connaissances sur la vie des estoniens et des finlandais en ces périodes troublées, et elle nous en apprends beaucoup.

Les thèmes récurrents de ce roman sont les suivants : la peur, la méfiance et surtout l'obsession (de cacher son origine estonienne pour la mère et de manger pour la fille). Le message de Sofi Oksanen est très clair : les évènements historiques que l'on subit et les personnes qui nous entourent influent directement sur notre comportement, présent et futur. Les Vaches de Staline est un roman dur, parfois cru, mais on sort de cette lecture avec l'impression que l'on n'a pas perdu son temps.

Je conseille aux personnes qui se lancent dans ce roman de s'accrocher : le style de Sofi Oksanen n'est pas facile et demande beaucoup de concentration (ce qui lui a valu deux petits coeurs mais le troisième n'était pas loin), mais il vaut le détour.

 

Je tiens à remercier PriceMinister pour ce partenariat (le premier en ce qui me concerne!) et pour m'avoir permis de faire cette jolie découverte!

 

Une Citation : "Le socialisme ne réussirait jamais ailleurs que sur le papier pour la simple raison que les doigts de tout le monde ne se tendent que vers soi, vers l'intérieur, même quand la main s'avance pour donner." (p. 288)


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© Eloo 10/2011

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14 novembre 2010

Purge de Sofi OKSANEN

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Purge de Sofi OKSANEN
Edition Stock - Coll. La Cosmopolite
2010 - 399p.

      (4ème de couverture)
En 1992, l'Union soviétique s'effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond de la campagne.
Ainsi, quand elle trouve la jeune Zara dans son jardin, qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Mais finalement ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille se révèlera, en lien avec le temps de l'occupation soviétique. Aliide a en effet aimé un homme, Hans, un résistant. Quarante ans plus tard, c'est au tour de Zara de chercher protection, et la vieille dame va décider de la lui accorder jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix.

Ce livre a produit sur moi deux effets.
Les cent premières pages ont été difficiles. Je les ai lues lentement et elles ont été entrecoupées de grandes pauses. J'ai trouvé tout de suite le texte très -trop?- dense. De plus, le fait que l'auteur passe du coq à l'âne, qu'elle passe d'un sujet à un autre pour retourner ensuite au sujet initial sans aucune transition m'a un peu déstabilisé et m'a demandé beaucoup de concentration. J'ai donc eu du mal à accrocher.
Puis je suis arrivée à la seconde partie (il y en a cinq en tout), et ça a été une révélation. Oui, je comprends pourquoi ce livre a eu ce succès, pourquoi il a raflé de nombreux prix. Oui, c'est tout à fait mérité. Lorsque j'ai commencé à découvrir la jeunesse de la vieille Aliide et à comprendre ce qui a fait qu'elle est ce qu'elle est en 1992, j'ai tout bonnement été happée, et je n'ai plus lâché ce roman.
C'est une véritable prose poétique avec ses jolies phrases en farandoles. Il y a une puissance descriptive impressionnante et des personnifications troublantes (la peur et l'attente notamment).
La description de la maison familiale m'a particulièrement coupé le souffle : on a l'impression que celle-ci était immense pendant les jeunes années d'Aliide, puis qu'elle a rétrécit pour devenir petite et étroite dans les années 1990'.
Cette histoire de famille a un côté très tragique car les personnages sont voués à être séparer des personnes qu'ils aiment (par la distance, par leurs idéaux, par leurs sentiments parfois non partagés).
Si le personnage de Zara parait parfois un peu effacé, le personnage d'Aliide, quant à lui, est puissant et complexe : il va s'accrocher désespérément à son amour, il va tout donner pour cette passion qui dévore son existence, quitte à accomplir des gestes mauvais, quitte à trahir son propre sang. On a envie de détester  Aliide pour la fascination néfaste qu'elle éprouve pour Hans ainsi que pour sa façon de l'idéaliser autant, et pourtant on lui pardonne quand même. Car on vit sa souffrance avec elle.

Purge donne un nouvel éclairage sur la Guerre Froide et fait sortir de l'ombre un pays relativement méconnu, l'Estonie.
Préparez-vous à avoir les papilles en alerte et un petit goût de confiture au bord des lèvres...


Ses Prix :

2008 Prix Finlandia

2009 Prix Runeberg

2010 Prix du roman Fnac ; Prix Femina étranger ; Grand Prix de littérature du Conseil nordique


Les Rumeurs :

2012 -> Le Film?


Que pensez-vous de ce roman?

Quelle note lui donneriez-vous? 3,5/5 (1)

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