19 décembre 2011

Epic de Conor KOSTICK

epic

Epic de Conor KOSTICK

Edition Bayard Jeunesse. 2011. 469 p.

 

4ème de couverture :

      "La Terre a été détruite par une guerre sans précédent. Les hommes ont construit, sur une autre planète, une société où toute violence est interdite, et les conflits sont gérés par un jeu vidéo, Epic. Dans ce jeu, chaque citoyen a un alter ego virtuel dont les résultats définissent sa condition sociale.
Avec ses copains d'enfance, Erik, 14 ans, va participer à un tournoi sur Epic qui déterminera son destin dans la société. Ses amis ont choisi d'être représentés par de courageux guerriers, une guérisseuse et une sorcière. Contre toute attente, Erik, lui, prend pour avatar Cindella, une jeune aventurière, peu armée mais séduisante et astucieuse.
Grâce à Cindella, Erik a un regard neuf sur Epic et découvre les failles du jeu. À travers elle, le garçon se lance dans une formidable quête qui le conduira à remettre en cause les bases mêmes de la société..."

 

Mon avis : ♥ ♥ 

"De même, Inry'aat se balançait de droite à gauche, constamment sur le point de déchaîner sa puissance volcanique, changeant sans cesse de cible, inoffensif en apparence, mais à un cheveu de les réduire en cendre." (p. 178)

 

Très dur d'écrire cette chronique, et pourtant j'ai beaucoup aimé Epic de Conor Kostic. Je crois que la question principale était "par où vais-je commencer?". Disons par là : les êtres humains ont dû quitter précipitamment la Terre, après une guerre sans précédent. Tout est à reconstruire et on décide naturellement que, dans cette nouvelle société, toute forme de violence sera proscrite. Néanmoins, on permet aux citoyens de jouer à Epic afin qu'ils puissent se "défouler" virtuellement dans une arène. Si au départ, cela ne semble être qu'un simple jeu de rôle où on évolue dans un monde virtuel, Epic devient très vite la base même de la société, et une manière pour le Centre des affectation qui est au pouvoir, de tout contrôler. Ainsi, chaque être humain possède son alter ego virtuel qui lui permet de gagner quelques pièces et ainsi d'acheter (peut-être) des matériaux techniques pour sa ville. Car la vie réelle est très difficile, on travaille très dur dans les champs et les mines avec du matériel vétuste, on a peu accès aux soins, etc. De même, la justice est réglée à travers le jeu : lorsque que l'on a une réclamation, on doit combattre dans l'arène du jeu face aux joueurs surentraînés et suréquipés du Centre des affections. Autant dire que les simples joueurs n'ont aucune chance face à ce gouvernement oligarchique. Je n'en dirais pas plus de peur de gâcher la lecture à ceux qui veulent découvrir ce roman. Il se passe tellement de choses que j'avoue avoir envie de déborder un peu mais ce serait dommage.

Epic est un roman de science-fiction très bien ficelé et qui tient la route jusqu’au bout. De l’aventure, du suspense et un enjeu de taille : une quête vers un monde plus juste. Les personnages sont de jeunes gens brillants et je crois que je me suis attachée autant, sinon plus, à leurs personnages virtuels. Ils sont créés de toutes pièces et pourtant ils semblent avoir une âme eux aussi. J’ai également aimé que l’on ne bascule jamais dans la niaiserie. Le but du roman et de ses personnages est de retrouver la liberté et l’égalité de tous les hommes, et on ne s’y éloigne pas. Par exemple, on sent bien qu'il existe une certaine « attraction » entre deux personnages importants du livre, mais tout reste dans la suggestion et les petits gestes. Et ça m’a parfaitement convenu. L’auteur laisse tout au long du roman une certaine place à notre imagination et c’est très appréciable.

Nous avons ici une très bonne intrigue, mais qui peut néanmoins - et c'est mon seul bémol - paraître se résoudre assez facilement ; c’est pourquoi j’aurais pu classer ce roman dans la catégorie ‘roman jeunesse’. Mais le nombre de pages – assez impressionnant – peut en rebuter certains, et c'est ce qui me laisse à penser que ce roman est tout de même plus adapté aux ados. Ceci dit, ils ne s’ennuieront pas, ils se passent toujours quelque chose dans ce roman qui est très addictif : on vit la quête de liberté des joueurs d’Osterfjord avec eux.

J’ai passé un très bon moment de lecture, et je pense que Epic mérite d’être connu.

© Eloo 12/2011

Posté par Eloo aime lire à 12:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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