22 avril 2018

Mes Lectures • Mars 2018

 

Ce mois de mars m'a offert des moments d'émotions intenses, notamment avec le roman Ces rêves qu'on piétine qui m'a marqué à jamais. Dans l'ensemble, je suis ravie des lectures que j'ai pu faire pendant ces trente et un jours, même si je me suis régulièrement laissée distraire par des sessions de jeux en ligne et par des soirées films. Mais ainsi va la vie!

 

J'ai lu... Les Passants de Lisbonne.

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J'ai lu ce roman dans le cadre d'un club des lecteurs organisé à la médiathèque où je travaille. Une lectrice en a parlé avec tant de joie et d'émotion dans la voix que j'ai eu envie de le lire moi aussi. Les Passants de Lisbonne est un roman qui parle d'amour et de deuil. Il est tout à la fois triste et beau. 

Je cite : "Parler de lui au présent, c'était le ranger encore du côté des vivants. Et s'il était vivant, alors je n'étais pas tout à fait morte."

J'ai pris beaucoup de recul en lisant ce livre, j'ai observé les deux personnages de loin, comme s'il était nécessaire que je me protège. Ceci étant dit, Les Passant de Lisbonne m'a offert un moment suspendu dans le temps, une petite parenthèse dans ma vie de lectrice. La plume de Philippe Besson est si belle qu'elle réchauffe les coeurs, même lorsque certains passages décrits sont douloureux. J'espère vraiment avoir l'occasion de lire d'autres romans de cet auteur.

Les Passants de Lisbonne / Philippe Besson. Editions Julliard. 2016. 192 p.

 

J'ai lu... Ces rêves qu'on piétine.

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Ces rêves qu'on piétine est un roman passionnant sur la Seconde guerre mondiale. Il a aussi été un choc. Une claque. Peut-être bien les deux. J'ai eu le coeur au bord des lèvres et des larmes au coin des yeux à la lecture d'un chapitre tout particulier, que je tairai pour ne rien vous dévoiler.

J'ai parfois l'impression de me faire du mal, mais en même temps, je ressens toujours le besoin de lire, encore et encore, des romans sur cette période historique. Parmi tous ceux que j'ai pu lire, celui-ci sort vraiment du lot et je vous le conseille évidemment. Il est dur, poignant, incompréhensible parfois, mais nécessaire.

On entre dans l'intimité de Magda Goebbels, et elle nous partage ses états d'âme. Elle a l'air si humaine... Mais si c'était réellement le cas, comment a t-elle pu sacrifier ainsi ses enfants? Incompréhensible, vous dis-je. Ces rêves qu'on piétine n'apporte pas vraiment de réponse à cela, mais rien que pour avancer main dans la main avec la petite Ava durantt les derniers jours avant l'effondrement du IIIe Reich, ce livre vaut la peine d'être lu.

Ces rêves qu'on piétine / Sébastien Spitzer. Editions de l'Observatoire. 2017. 304 p.

 

J'ai lu... Ourse & Lapin, drôle de rencontre + Ourse & Lapin, un intrus dans la vallée.

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En ce moment, j'ai un truc avec les romans première lecture aux couvertures colorées et sur lesquelles se trouve une bouille d'ours trop mignonne. En janvier, je vous avais présenté Björn (<3) et aujourd'hui je vous parle d'Ourse et de Lapin. J'ai beaucoup aimé les illustrations intérieures de Jim Field, aux tons gris coupés par une seule autre couleur (bleue pour le titre en hiver, verte pour le titre au printemps). Les textes signés par Julian Gough n'ont toutefois pas été aussi drôles que ce dont je m'attendais. Ils manquaient par ailleurs de fluidité : trop d'explications sont données à mon goût, tout au long de l'histoire. Reste à tester avec des enfants bien sûr! Mais en ce qui me concerne, Björn n'a pas été détrôné ;)

Ourse & Lapin, drôle de rencontre / Julian Gough & Jim Field. Editions Flammarion. 2017. 100 p.
Ourse & Lapin, un intrus dans la vallée / Julian Gough & Jim Field. Editions Flammarion. 2017. 94 p.

 

J'ai lu... L'Art de la joie.

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L'Art de la joie est un classique de la littérature italienne que j’ai reçu dans une box Exploratology et que j'ai lu en lecture commune avec Lolita. Pour tout vous avouer, j’ai trouvé ce roman à la fois ennuyant, dérangeant et passionnant. Tout au long de ma lecture, j’ai été partagée entre le sentiment de perdre mon temps et l’envie de poursuivre malgré tout. En bref, L'Art de la joie est une énigme pour moi.

Dans cette histoire nous rencontrons Modesta, elle est née le 01 janvier 1900 et nous traversons ensuite le 20e siècle à son côté. J'ai trouvé le démarrage difficile parce que l'écriture était confuse et bourrée de répétitions. Peut-être l'auteur a t-elle voulu retranscrire ainsi les paroles d'une enfant entre 5 et 9 ans? Cela s'améliore par la suite, mais lorsque l'auteur nous partage les pensées de Modesta, ce n'est jamais simple de la suivre dans ses raisonnements.

Certains passages m'ont profondément ennuyé et je ne sais toujours pas à quoi ils ont bien pu servir. A contrario, lorsque l'on aborde les sujets de l'émancipation de la femme et de la libération sexuelle à travers ce personnage principal féminin indépendant, éduqué et libre dans ses choix, c'est tout à fait passionnant! Dommage que Modesta soit si antipathique, il ne m'a vraiment pas été possible de m'identifier à elle.

Je pense que je suis capable de lister encore un grand nombre de points négatifs, mais si je conclus en donnant un avis global, il sera positif. C'est à n'y rien comprendre. Ceci étant dit, je pense pouvoir affirmer sans me tromper que je ne lirai pas d'autres livres de cet auteur... Et que je ne relirais pas non plus celui-ci. Il m'a néanmoins permis de sortir de ma zone de confort et de vivre une expérience différente de lecture.

L'Art de la joie / Goliarda Sapienza. Editions Le Tripode. 2016. 797 p.

 

☆ Le récap' en vidéo ☆

© Eloo 04/2018


12 août 2014

Le Tort du soldat

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Auteur : Erri DE LUCA
Editions : Gallimard
Collection : Du monde entier
Date de parution : 2014
88 p.

 

Le Saviez-vous? Erri De Luca est un grand auteur italien, dont l'ensemble de l'oeuvre a été récompensé par le prix Ulysse en 2013.

 

4ème de couverture :

      "Un vieux criminel de guerre et sa fille dînent dans une auberge au milieu des Dolomites et se retrouvent à la table voisine de celle du narrateur, qui travaille sur une de ses traductions du yiddish. En deux récits juxtaposés, comme les deux tables de ce restaurant de montagne, Erri De Luca évoque son amour pour la langue et la littérature yiddish, puis, par la voix de la femme, l’existence d’un homme sans remords, qui considère que son seul tort est d’avoir perdu la guerre…"

 

Mon Avis : ♥♥♥risque de spoilers

Le Tort du soldat est un petit roman très intéressant à plus d'un titre. L'auteur Erri De Luca partage avec nous son regard sur la Seconde Guerre mondiale. Et l'interprétation qu'il nous livre m'a beaucoup intrigué.

Dans la première partie de son roman, nous sommes en compagnie d'un traducteur en langue yiddish qui nous en apprend beaucoup sur les évènements passés durant la guerre, et notamment au sujet de la destruction du ghetto de Varsovie par les nazis. J'ignorais que ses habitants s'étaient défendus ardemment et avaient résisté pendant un long mois à l'attaque de leur ennemi. Des faux papiers avaient même été distribués aux artistes juifs afin qu'ils puissent quitter discrètement le ghetto et témoigner.

Dans la seconde partie, c'est la fille d'un ancien soldat allemand qui prend la parole. Elle nous raconte l'histoire de son père qui s'est toujours senti recherché, surtout après le fameux enlèvement d'Adolf Eichmann. Culpabilité? Le raisonnement du vieux soldat au sujet de la défaite des nazis est très intéressant à suivre. Le titre prend d'ailleurs tout son sens pendant la lecture :

"- Je suis un soldat vaincu. Tel est mon crime, pure vérité." Il fit le geste de chasser les pellicules de ses épaules. "Le tort du soldat est la défaite. La victoire justifie tout. Les Alliés ont commis contre l'Allemagne des crimes de guerre absous par le triomphe". p.47

L'acharnement avec lequel ce vieil homme tente de comprendre la défaite nazie, allant jusqu'à étudier les textes sacrés de la foi juive, laisse parfois sans voix. Grâce au témoignage livré par la femme, nous comprenons également comment on est supposé vivre lorsque l'on est la fille d'un criminel de guerre...

Je conseille cette lecture à tout le monde, même si je dois vous alerter sur le fait que l'auteur utilise parfois un vocabulaire difficile pour celui qui est étranger à la culture juive. Personnellement, il m'a fallu parfois m'accrocher et me munir de mon ordinateur et du dictionnaire pour suivre toute l'affaire. Mais dans l'ensemble, c'est très agréable à lire, la plume d'Erri De Luca berce le lecteur et les quelques phrases types qui se répètent tout au long du roman marque le rythme. 

Pour conclure, Je trouve Erri de Luca tout simplement fascinant et je donnerais cher pour pouvoir discuter longuement avec lui, autour d'un verre et confortablement installé dans un sofa...

© Eloo 08/2014

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10 mai 2011

Oublie les mille et une nuits de Marco VARVELLO

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Oublie les mille et une nuits de Marco VARVELLO

Edition Bayard Jeunesse - Coll. MilléZime

2009

271 p.

4ème de couverture :

      "D'origine pakistanaise, Salima est une jeune musulmane parfaitement intégrée à son pays, l'Angleterre. Au sein de sa famille et au lycée, elle a su trouver l'équilibre entre le respect des traditions et la vie moderne d'une fille de son âge. Aussi, quand ses parents lui annoncent qu'ils iront avec sa petite soeur Shazia au Pakistan, ne se doute-elle de rien. Son grand-père est à l'article de la mort, et une dernière visite s'impose. Mais très vite Salima va comprendre la vraie raison de ce voyage : ses parents ont décidé de la marier avec un lointain cousin, sans lui demander son avis..."

 

Mon avis :

Une histoire poignante qui nous touche comme si elle avait été un véritable témoignage.

Ce livre commence par un prologue nous rappelant que les mariages arrangés peuvent se produire partout, même dans les milieux les plus respectables (en apparence). Il se termine par un hommage à des femmes et des hommes qui se sont battus, parfois jusqu'à la mort, pour faire reconnaître leurs droits et atteindre la liberté de s'aimer au delà des préjugés de leur entourage.

De très bons ingrédients : une jeune fille tiraillée par les traditions et sa vie d'aujourd'hui ; un père qui a deux visages - celui de l'homme qui s'adapte tant bien que mal à sa vie en Angleterre et celui de l'homme qui retourne dans son pays d'origine et reprend les habitudes de ses ancêtres - ; une mère au bord du désespoir de voir sa fille vivre ce qu'elle a elle-même vécu mais qui reste passive comme son rôle l'exige ; et un futur mari qui a toujours vécu au Pakistan, subissant un mariage arrangé sans se poser trop de question et avec pour seul soucis l'honneur.

Le point fort de ce roman, je crois, est le fait qu'on ait deux points de vue : celui de Salima mais aussi celui de Rashid, son cousin et futur époux.

Ce roman est très bien écrit.

 

Quelques citations :

"Elle entendit pour la énième fois un moustique plonger en piqué vers son oreille droite, avec cet insupportable vrombissement qui irritait les nerfs bien avant la peau." p. 14.

"Illusions du printemps anglais, si splendide lorsque le soleil a le courage de se montrer ; si fragile, comme ce matin-là, dès qu'un groupe de nuages gonflés de pluie apparaît à l'horizon." p. 17.

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